À Alost, deux hôpitaux - Onze-Lieve-Vrouwziekenhuis (OLV) et Algemeen Stedelijk Ziekenhuis (ASZ) - font partie d'un réseau comprenant aussi deux établissements bruxellois, l'UZ Brussel et AZ Sint-Maria (ASZ) à Hal. Ce qui implique que des patients peuvent être transférés d'un hôpital à l'autre du réseau. Et c'est pour le moment beaucoup le cas, avec la pandémie de coronavirus. Mais le bourgmestre d'Alost voudrait que cette situation cesse . "Les limites de notre solidarité médicale ont été atteintes" , a ainsi déclaré Christoph D'Haese lundi à la VRT, ajoutant qu'il ne voulait pas que les soins dus aux habitants d'Alost soient compromis à cause des patients bruxellois acceptés dans les centres hospitaliers de sa ville.

Des déclarations qui ont suscité quelques réactions, tout d'abord auprès des médecins bruxellois. "L'annonce du bourgmestre D'Haese va à l'encontre de tous les accords conclus" , a réagi Marc Noppen, le directeur de l'UZ Brussel. "Pour éviter que les hôpitaux ne soient surchargés et ne doivent reporter les soins réguliers, le gouvernement a mis en place un plan de distribution. Cela devrait éviter qu'un hôpital ne soit surchargé, tout comme lors de la première vague. Je ne comprends donc pas d'où vient cette annonce" .

Le virologue Steven Van Gucht trouve lui aussi les propos du bourgmestre Christoph D'Haese, qui est également président de l'ASZ, regrettables. Sur Radio 1, il a rappelé que la solidarité entre les hôpitaux était cruciale pour réussir à sortir de la crise du Covid-19. D'autant plus que cette coopération s'effectue dans les deux sens: "Aujourd'hui, les patients vont de Bruxelles à Alost, mais à l'avenir, cela peut aussi aller dans la direction opposée. Pour l'instant, il y a relativement peu de nouvelles infections dans la région d'Alost, mais il peut toujours y avoir un afflux soudain de patients. Et à ce moment-là, vous aurez envie de pouvoir compter sur l'aide d'autres hôpitaux" . Comme le rappelle Steven Van Gucht, le SPF Santé Publique et le SPF Défense ont un œil sur la situation dans les établissements hospitaliers et la répartition entre les différents hôpitaux est contrôlée. Ces derniers ne devraient donc pas décider eux-mêmes de stopper les transferts.

Sur Twitter, le bourgmestre de Malines, Bart Sommers (Open VLD), a lui aussi donné son avis sur les déclarations de son homologue alostois. "J’espère que Malines sera toujours disposée à prendre en charge des patients d’autres villes. Que nous ne sombrerons jamais aussi bas pour envisager d’abandonner nous-mêmes les malades" , a-t-il écrit, concluant son tweet de la sorte: " Je crois en une Flandre meilleure et plus accueillante" .