Les chiffres consolidés de mardi s'élèvent à 4371 contaminations, contre 5.034 contaminations le lundi. Le 16 avait averti que cette donnée donnerait le ton du Codeco de ce vendredi, qui se tiendra à 15h et sera probablement suivi d'une conférence de presse. Selon nos informations, ces chiffres sont mitigés.

La première tendance globale, couplée aux chiffres de mercredi (qui tournent à plus de 4.000 contaminations mais ne sont pas encore consolidés) est jugée rassurante par le gouvernement puisqu'on ne se trouve pas face à une augmentation exponentielle. On parle plutôt de plateau fortement haussier mais qui se situe dans la tendance des prévisions émises par les scientifiques (courbe bleue), avec toutefois une évolution un peu plus rapide (une semaine) qu'attendue.

Le cabinet d'Alexander De Croo insiste sur l'importance de "garder la tête froide" et de se concentrer sur les chiffres plutôt que sur l'émotion.

Nuance toutefois, des baisses ont souvent été observées après un pic comme celui de lundi et les autorités n'excluent pas une brusque remontée dans les prochains jours.

Certains ont même évoqué la possibilité que le Codeco de ce vendredi soit déplacé à mardi ou un autre jour de la semaine prochaine pour se donner le temps de monitorer les chiffres.

Sur la table du Codeco figurera certainement le report de la reprise des cours en présentiel en 3e et 4e secondaire, mais aussi l'obligation du port du masque dès 10 ans. Des mesures de gestion de foule, pour éviter des regroupements comme au bois de la Cambre, pourraient également être prises, tout comme la fermeture des parcs de loisirs ou des restrictions des activités extérieures.

Mais un nouvel élément a été porté à la connaissance des autorités en fin de matinée. Selon nos informations, le dernier rapport des experts du RAG et de Sciensano voit les écoles dépasser le lieu de travail comme lieu de contamination n°1. Par ailleurs, les 0-20 ans constituent la première classe d'âge dans les nouvelles contaminations. Cette augmentation pourrait s'expliquer par une hausse des tests dans les établissements scolaires ces derniers jours. La crainte est toutefois que ces infections se transmettent aux parents et grands-parents.

"Cela ne signifie pas qu'on va prendre des mesures radicales, mais les écoles sont clairement sous haute surveillance", nous indique une source gouvernementale.

Sur base de ces données, il est probable que certains membres du gouvernement pousseront lors du Codeco pour une fermeture des écoles dès lundi. Mais cette mesure risque de se heurter à une forte réticence des experts et de certains politiques.

"Les écoles sont les collectivités les plus contrôlées et celles qui fournissent le plus directement les chiffres, avec des définitions très strictes de ce qui constitue un cluster. Les écoles sont transparentes contrairement aux entreprises", nuance une source francophone.

Autre point d'attention: les chiffres sont particulièrement élevés à Bruxelles, dans le Hainaut et en province de Namur. "Si on prend les paramètres officiels, ces trois provinces se situent dans les conditions qui permettent de passer en phase B", nous indique une source bien informée.

Ces données vont donc consituer un arguement pour les experts du RAG, dont Steven Van Gucht, qui ont plaidé déjà hier pour l'activation du plan B du Lockdown. Cette phase B, intitulée "maximal efforts to keep schools open" impliquerait la fermeture des métiers de contact (coiffeurs, tatoueurs, salons de beauté...), des centres commerciaux (s'ils ne peuvent être contrôlés) mais aussi l'instauration d'un couvre-feu qui débuterait plus tôt (20h à 5h du matin). Les centres de loisirs, les piscines et les activités extra-scolaires seraient également suspendues, exceptée la garderie après l'école. Dans ce cas de figure, un week-end scout ne serait par exemple pas possible, ni des stages de plus de 10 enfants de moins de 12 ans. Le passage à cette phase permettrait, selon les experts qui le préconisent, aux écoles de rester ouvertes. Le port du masque obligatoire dès 10 ans figure également dans ce plan B (mesure que la Flandre a déjà prise). Mais ce plan ne semble pas figurer sur le sommet de la pile des membres du Comité de concertation.