"Nous souhaitons exprimer notre inquiétude en ce qui concerne les projets des missionnaires", expliquent les deux familles via un communiqué de presse commun. "Notamment pour ce qui est du volet institutionnel, leur schéma conduit à rendre les institutions plus complexes et moins lisibles : un modèle qui n’est pas le nôtre. Ecolo et Groen, MR et Open Vld veulent évidemment participer à une Belgique qui fonctionne plus efficacement, au service de nos concitoyens et de leurs préoccupations de tous les jours. De telles réformes nécessitent cependant une préparation approfondie et une concertation suffisante. Certaines compétences peuvent être régionalisées, mais d’autres tout autant refédéralisées afin d’augmenter l’efficacité. Les réformes institutionnelles ont toujours été pour nous un moyen, jamais un objectif en soi."

Les familles libérales et écologistes insistent sur le fait que le temps presse. "Nous voulons éviter que davantage de temps soit perdu et demandons aux missionnaires royaux de la clarté au sujet de la coalition qui a leur préférence et de faire le choix de solutions stables et solides."

Les familles libérales et écologistes refusent en outre de prendre part à une "surenchère qui les dresse l’une contre l’autre afin de déterminer qui peut rejoindre le prochain gouvernement".

Le syndicat socialiste fait monter la pression

La FGTB exprime jeudi ses inquiétudes au sujet des discussions pour la formation d'une nouvelle majorité fédérale. A la lumière des travaux des préformateurs royaux, le syndicat socialiste redoute particulièrement une nouvelle régionalisation des politiques d'emploi et des soins de santé, confie sa secrétaire générale Miranda Ulens jeudi dans les pages du Standaard.

Elle craint que cette régionalisation accrue soit le prix à payer pour des mesures à caractère social. La secrétaire générale de la FGTB dit comprendre que les présidents du PS et du sp.a, Paul Magnette et Conner Rousseau, prennent leurs responsabilités, "mais ils devront pouvoir défendre en bout de course le compromis trouvé".

Pour le syndicat, il importe que le prochain gouvernement fédéral relève les allocations au-dessus du seuil de pauvreté, qu'il favorise une réduction générale du temps de travail, qu'il dope le pouvoir d'achat et qu'il investisse dans les services publics. Le tout doit être financé par un impôt sur la fortune, plaide la FGTB qui demande aussi que l'âge de la pension soit rabaissé.

"Les socialistes ne doivent pas être naïfs", estime Mme Ulens. "L'objectif final de la N-VA, c'est de scinder la sécurité sociale. La FGTB s'y opposera toujours. Nous devons renforcer la sécurité sociale".