Depuis quelques jours, les chiffres de l'épidémie de coronavirus rassurent, en témoignent les données publiées par Sciensano ce lundi. Le nombre d'admissions à l'hôpital continue en effet de diminuer et s'établit désormais à 463 par jour en moyenne (-22% par rapport aux 7 jours précédents). Le nombre de contaminations confirmées baisse aussi. En moyenne, du 6 au 12 novembre, il y a eu 5.056,9 contaminations quotidiennes soit une baisse de 47%.

"L'évolution est donc relativement favorable pour les différents facteurs que nous suivons", a déclaré Yves Van Laethem. 

"Les chiffres des nouveaux cas continuent de diminuer de moitié environ tous les 8 jours", a poursuivi l'expert. "Cette diminution s'effectue dans toutes les tranches d'âge. Les chiffres les plus élevés concernent les 40 à 50 ans, et l'âge moyen est de 47 ans. Chez les personnes plus âgées, la diminution est un peu plus lente, mais elle se poursuit aussi et c'est clairement un facteur favorable".



Cette diminution de cas est plus prononcée actuellement dans les provinces du Hainaut et de Liège (-55%), mais on voit des résultats plus ou moins du même niveau dans les deux Brabants, à Namur et à Bruxelles.

"En nombre absolu, c'est toujours le Hainaut qui a le plus de nouvelles contaminations par jour, mais on est nettement en dessous de 1000, puisqu'on est à 899 par jour", a détaillé Yves Van Laethem. 

Les hospitalisations continuent elles aussi de diminuer, et ce dans toutes les provinces. "Hier, mais il faut préciser que c'était un dimanche, nous n'avons eu que 294 nouvelles admissions. Il y avait à peu près un mois que ce genre de chiffres, en dessous de 300, n'avait plus été atteint".

La courbe des hospitalisations est un peu plus lente à diminuer que celle des infections: "C'est normal, il ne faut pas s'inquiéter sur ce point-là", a déclaré l'expert. Les hospitalisations diminuent de moitié tous les 20 jours. "Cela nous amène à avoir en Belgique actuellement 6518 hospitalisations. Soit, à peu près 1000 de moins que lors du pic que nous avons connu le 3 novembre". 


Au niveau des soins intensifs, nous avons atteint un plateau. "On espère bientôt voir une diminution de la courbe", a déclaré Yves Van Laethem. "Le pic d'occupation des soins intensifs devrait avoir été dépassé le 9 novembre". 

Au niveau des décès, leur nombre continue à augmenter légèrement. "On a l'impression que s'amorce bientôt une diminution. Actuellement, on peut dire que probablement, le vendredi 6 novembre était le pic de cette deuxième vague, avec 215 décès ce jour-là". 


Quel est le profil des personnes hospitalisées?

Yves Van Laethem a ensuite détaillé le profil des patients hospitalisés: "Globalement, le profil des patients hospitalisés n'a pas changé entre la première et la deuxième vague. Il s'agit typiquement de personnes qui ont entre 50 et 80 ans". Une différence notable est la proportion de personnes issues de centres de soins et de maisons de repos: elles sont moins hospitalisées que lors de la première vague. Il y a également moins de soignants hospitalisés que lors de la première vague.

"Au point de vue de l'âge, la moitié des personnes hospitalisées ont plus de 70 ans. Il y a un peu plus d'hommes hospitalisés (55%), ce qui est normal car ils sont un peu plus sérieusement atteints que les femmes d'un point de vue génétique", a expliqué l'expert.

30% des personnes hospitalisées n'avaient pas de comorbidité. "Cela souligne l'importance de faire attention, quel que soit votre état de santé préalable", a mis en garde Yves Van Laethem.


Le profil des personnes hospitalisées en soins intensifs est relativement similaire à celui de la première vague: "Il s'agit typiquement d'un homme dans la soixantaine". La moitié des patients aux soins intensifs ont plus de 66 ans. 50% d'entre eux ont entre 55 et 77 ans, donc sont encore dans la force de l'âge: "Tout le monde peut être touché par le virus, peut être hospitalisé, voire même faire un séjour aux soins intensifs", a rappelé Yves Van Laethem. "Les hommes, pour des raisons génétiques, sont plus fréquemment touchés de manière sévère par la pathologie, et sont donc davantage représentés aux soins intensifs: 68% sont des hommes", a expliqué l'expert. 

Pourrons-nous fêter la Saint-Nicolas?

Yves Van Laethem a ensuite abordé la question de la fête de Saint-Nicolas, qui pourra être célébrée, mais dans des circonstances particulières: "Saint-Nicolas devra porter un masque, maintenir ses distances, enlever ses gants et se laver les mains le plus régulièrement possible".

L'expert a également voulu mettre en garde les personnes les plus âgées, comme les grands-parents, qui peuvent courir un risque lors de ces fêtes. Il conseille alors à ces personnes d'éviter trop de contacts. "Si les grands-parents veulent remettre le cadeau de Saint-Nicolas à leurs petits-enfants en personne, il faudra le faire dans les conditions les plus sûres: à l'extérieur, dans le jardin ou sur une terrasse, avec de la distance et en portant un masque".