Si les indicateurs semblaient aller dans le bon sens ces derniers jours, un chiffre interpelle tout particulièrement le monde scientifique, ce mercredi 10 mars. Il s'agit du nombre d'hospitalisations enregistrées ces dernières 24 heures. Comme le révèlent les données publiées par Sciensano ce mardi matin, 201 personnes ont été admises à l'hôpital ce lundi. Un chiffre qui, lorsqu'il avait été atteint le 26 février dernier, avait poussé les autorités à mettre "sur pause" les discussions au sein du Comité de concertation portant sur le déconfinement. "C'est un chiffre très haut, cela nous inquiète", a confirmé Dirk Devroey (VUB) à nos confrères de HLN, en précisant toutefois que le lundi était toujours un jour bien rempli dans les hôpitaux. "Nous restons sur un plateau qui est très élevé."

Ainsi, 1.964 personnes se trouvent encore hospitalisées dans notre pays en raison du Covid-19. Pourtant la moyenne des contaminations quotidiennes baisse légèrement depuis plusieurs jours. Comment dès lors expliquer que l'on conserve un nombre important d'hospitalisations ? "Nous avons plusieurs hypothèses que nous devons encore confirmer", a détaillé le professeur de médecine générale. "Est-ce parce que les gens sont plus grièvement malades à cause de la nouvelle variante ? Est-ce que l'on teste moins ? Nous n'avons aucun signal indiquant cela. Peut-être que les personnes qui ont de simples symptômes vont moins souvent chez le médecin."

Il a toutefois estimé que la Belgique avait réussi à écarter le spectre d'une troisième vague et était parvenue à aplatir la courbe. Mais Dirk Devroey n'en a pas moins appelé à la vigilance face au nombre d'admissions quotidien, qui reste trop élevé. "Les chiffres des hôpitaux ne mentent jamais", a-t-il rappelé, insistant pour que la population continue à respecter les mesures en vigueur. 

Le problème ne vient pourtant pas tant de la population que de la campagne de vaccination, selon lui. Le professeur de la VUB a expliqué que tout le monde "restait sur sa faim". "Donnez-nous des doses de vaccins pour que nous puissions travailler", a-t-il demandé aux autorités. 

"Une situation instable" 

Le porte-parole interfédéral, Steven Van Gucht, a également réagi aux derniers chiffres relatifs aux hospitalisations. Le virologue a ainsi expliqué s'être montré relativement positif ce mardi matin lors de la conférence de presse du Centre de crise , mais qu'il avait très vite déchanté dans le courant de la journée. "Ces 201 hospitalisations, c'est une très grande différence par rapport aux 113 admissions enregistrées dimanche. Mais c'est la différence avec la semaine dernière qui est particulièrement inquiétante. La situation est très instable", a-t-il commenté auprès de nos confrères de Het Nieuwsblad. 

Mais les experts ont toutefois tenu à nuancer leurs propos et à rassurer la population. "Tous les indicateurs ne sont pas au rouge, a pour sa part ajouté Marc Van Ranst. "(...) Nous pouvons voir à présent que nous ne sommes pas face à une hausse exponentielle."