Si l'on a pu pendant quelques jours se réjouir d'observer une baisse des indicateurs, il semblerait que ce ne soit plus du tout le cas. En effet, le nombre de contaminations et d'hospitalisations repart à la hausse. Selon les données communiquées par Sciensano ce lundi 15 mars , on note une moyenne quotidienne de 2.718 nouvelles infections (entre le 5 et le 11 mars), ce qui représente une augmentation de 15% par rapport à la période de sept jours précédente. Du côté de la moyenne quotidienne des hospitalisations, elle atteint ce lundi 161,7, ce qui équivaut à une hausse de 11% par rapport à la période de sept jours précédente. Selon les experts, il y a bel et bien "de quoi s'inquiéter" au regard de l'évolution de la situation épidémiologique. "Nous nous sommes un peu laissé endormir par les chiffres hebdomadaires, parce que les différences n'ont pas l'air si importantes", a regretté Marc Van Ranst auprès de nos confrères de De Morgen . "Mais si on regarde les contaminations en début de semaine et en fin de semaine, on remarque que la différence est grande."

Le virologue de la KULeuven ne s'est toutefois pas dit surpris quant aux chiffres qui suivent les prédictions présentées par les experts lors de la conférence de presse du Premier ministre, Alexander De Croo, le 22 février . Il n'en a pas moins appelé à ce que la Belgique reprenne rapidement le contrôle, tout comme le biostatisticien Geert Molenberghs (KULeuven/UHasselt) et le porte-parole interfédéral Steven Van Gucht. "Si la hausse se poursuit, cela peut aller vite et on pourrait se retrouver à nouveau dans une phase exponentielle", a mis en garde M. Molenberghs. "Des mesures strictes devraient alors être remises en place."

Comment expliquer cette tendance à la hausse ?

S'il est encore trop tôt pour savoir exactement ce qui a provoqué cette nouvelle augmentation des contaminations et des hospitalisations, les experts n'en ont pas moins une idée de ce qui pourrait l'expliquer. Ils ont ainsi évoqué la fatigue des Belges quant aux mesures en vigueur depuis plusieurs mois, mais également le variant britannique qui est plus contagieux et qui est davantage enclin à envoyer les personnes infectées à l'hôpital.

Les scientifiques se sont ainsi appuyés sur une étude de l'université d'Anvers pour affirmer que le comportement des Belges avait drastiquement changé ces dernières semaines. On a assisté à une baisse importante du télétravail, comme le souligne le rapport présenté. Et, selon Geert Molenberghs, cela peut avoir de graves conséquences. "Il y a trois endroits où ont lieu la plupart des contaminations", a détaillé le biostatisticien à De Morgen. "Sur le lieu de travail, à la maison et à l'école. Nous devons éviter de créer une chaîne entre ces différents endroits."