En 2017, les femmes ont disposé en Wallonie d'un revenu personnel total moyen de 17.012 euros, tandis que les hommes ont pu compter sur 24.403 euros.

Pour effectuer ce calcul, l'Iweps a pris en compte les salaires en espèce, les avantages en nature tels qu'une voiture de société, les revenus d'une activité indépendante, les allocations de chômage ou liées à une maladie, une invalidité, à un congé parental, de paternité ou de maternité, ainsi que les pensions, revenus d'intégration et bourses d'étude. Les revenus collectés au niveau du ménage, tels qu'un loyer, ne sont dès lors pas compris afin de mieux appréhender les inégalités entre femmes et hommes.

Si l'écart de revenus entre les sexes a diminué depuis le début des années 2000, lorsque les femmes gagnaient 60% du revenu des hommes, la différence reste très importante "et n'évolue guère depuis 2009", relève l'Iweps.

Les écarts de revenus sont les plus importants chez les retraités et "autres inactifs". La majorité des femmes incluses dans cette dernière catégorie se déclarent au foyer, tandis que les hommes y sont majoritairement en incapacité de travail.

Toujours sur base des revenus de 2017, l'Iweps estime que 27% des femmes âgées de 25 ans et plus étaient dans une situation de dépendance financière, c'est-à-dire que leur revenu personnel annuel net est inférieur à 60% du revenu personnel médian belge. Pour 2017, ce seuil se situe à 11.743 euros par an, soit 979 euros par mois. Seuls 12% des hommes se trouvaient dans cette situation de dépendance financière.

Cet indicateur, qui prend en compte les revenus personnels, révèle bien plus les inégalités entre femmes et hommes que le taux de pauvreté qui se base lui sur les revenus du ménage. Ainsi le taux de pauvreté des femmes d'au moins 25 ans est de 21% et de 18% pour les hommes.

Dans le secteur privé, l'écart salarial de genre en Wallonie, soit la différence de salaire moyen entre les deux sexes divisée par le salaire moyen des hommes, s'élevait à 22,3%, au détriment des femmes. Pour atteindre l'égalité, il faudrait dès lors diminuer le salaire des hommes de 22,3% ou augmenter celui des femmes de 28,7%. "Même si cet indicateur ne compare pas des postes équivalents, il permet de rendre compte de différences importantes de niveau de vie, de futurs droits (notamment à la pension) et de valorisation sociale des emplois occupés", note l'Iweps. Si cet écart s'est réduit depuis le début des années 2000, la tendance est plutôt à la stabilisation ces dernières années.

L'écart salarial horaire s'élève lui à 9,2%, ce qui montre qu'une partie des écarts de salaires est due au fait que davantage de femmes travaillent à temps partiel. En effet, si un quart des salariés wallons étaient à temps partiel en 2019, cette proportion est bien plus importante chez les femmes (42%) que chez les hommes (10%).

L'Iweps relève que le choix d'un temps partiel est le plus souvent contraint et que les femmes en pâtissent davantage que les hommes. Ainsi, plus de femmes optent pour un temps partiel parce qu'elles n'ont pas trouvé d'emploi à temps plein (2,8% des salariées), que d'hommes (1,1%). Pour 12% des salariées à temps partiel, l'emploi désiré n'était offert que sous ce régime, contre 3% des salariés. Pour 37% des femmes, le temps partiel a été contraint par des contraintes familiales, contre 19% des hommes.

Par ailleurs, en 2017, le revenu de la femme ne représentait en moyenne que 36% des revenus au sein des couples hétérosexuels wallons. Le revenu de l'homme représentait ainsi 1,78 fois celui de la femme. Au milieu des années 2000, le revenu de la femme représentait 30% des revenus du couple.

Les écarts sont plus prononcés chez les couples aux revenus les plus faibles et ceux aux revenus les plus élevés, relève l'Iweps. Chez les plus bas revenus, la femme ne gagne rien ou très peu tandis que chez les plus riches, c'est plutôt dû au fait que l'homme gagne très bien sa vie. Les écarts sont également plus importants chez les couples mariés.