Les francophones veulent éviter les élections

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Un scrutin alors qu'aucune solution n'a été trouvée au problème de Bruxelles-Hal-Vilvorde constituerait une aventure, a averti le président du PS Elio Di Rupo


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BRUXELLES Les partis francophones veulent éviter des élections anticipées, ont-il fait comprendre lundi. Certes, le Roi a accepté la démission du gouvernement Leterme II mais jusqu'à présent, les chambres n'ont pas été dissoutes et le chef de l'Etat pourrait encore mener des consultations et prendre des initiatives: désigner un médiateur, conciliateur voire un formateur. Un scrutin alors qu'aucune solution n'a été trouvée au problème de Bruxelles-Hal-Vilvorde constituerait une aventure, a averti le président du PS, Elio Di Rupo, qui craint en outre une radicalisation de l'électorat. Le président du MR, Didier Reynders, espère que des personnalités prêtes à discuter pourront se mettre autour d'une table tandis que la présidente du cdH, Joëlle Milquet, estime qu'un autre parti flamand peut prendre la place de l'Open Vld. Dans l'opposition, Ecolo craint que des élections anticipées ne résolvent rien.

Les partis flamands n'ont pas fait preuve de la même unanimité. Dans l'ex-majorité, l'Open Vld a appelé à laisser le citoyen s'exprimer. Le CD&V s'est montré beaucoup plus réticent même s'il dit ne pas craindre le scrutin. Les chrétiens-démocrates insistent toutefois sur l'inconstutionnalité d'élections anticipées tant qu'aucune réponse à l'arrêt de la Cour constitutionnelle n'a été fournie. Ils craignent aussi que les négociations pour régler le problème BHV ne reprennent à zéro et soient encore plus compliquées. Dans l'opposition, le sp.a a quant à lui rappelé qu'il ne participerait pas à un gouvernement intérimaire. La conséquence logique de la chute du gouvernement, ce sont des élections, a indiqué sa présidente Caroline Gennez.

Les responsables de la crise varient selon les partis. Dans la majorité francophone, un coupable est désigné: l'Open Vld qui a claqué la porte des négociations et imposé l'ultimatum de jeudi. "Totalement irresponsable", "stratégie particratique", etc., ont clamé Elio Di Rupo, Didier Reynders et Joëlle Milquet. Dans l'opposition, Ecolo a dénoncé la rivalité entre l'Open Vld et le CD&V.

Du côté flamand, le CD&V a montré du doigt la famille libérale: le président du FDF, Olivier Maingain, a miné les négociations, l'Open Vld a privilégié une stratégie purement électorale, a regretté la présidente Marianne Thyssen. Pour l'Open Vld, il n'y avait tout simplement pas de volonté d'arriver à un accord sur BHV. Pas question, dit le président Alexander De Croo, de jouer le "valet puant" ("zwartepiet") du gouvernement Leterme II.

Il reste à savoir si la Chambre se réunira jeudi. Le président Patrick Dewael (Open Vld) a fait savoir lundi, avant que le Roi n'accepte la démission du gouvernement, qu'il convoquerait la séance plénière jeudi. Les partis flamands demanderont l'inscription de la proposition de loi scindant BHV à l'ordre du jour et les partis francophones ont d'ores et déjà annoncé qu'ils tireraient la sonnette d'alarme. Dans ce cas, le problème sera renvoyé au gouvernement... qui vient de démissionner et ne s'occupera plus que des affaires courantes.

Au parlement flamand, la majorité refuse un nouveau débat sur BHV

Les partis de la majorité au parlement flamand (CD&V, N-VA et sp.a) ont bloqué lundi une demande du Vlaams Belang de débattre de la crise autour de Bruxelles-Hal-Vilvorde mercredi dans l'hémicycle flamand. Une question d'actualité du Vlaams Belang allant dans ce sens a été soutenue par la LDD. Les deux partis pointent du doigt la "position d'attente" du gouvernement flamand, alors que le ministre-président flamand Kris Peeters avait indiqué la semaine dernière qu'il réagirait en cas d'accord.

Le président de la N-VA Bart De Wever a réitéré ces derniers jours ses menaces de quitter le gouvernement flamand si le CD&V acceptait "trop de concessions" pour parvenir à une solution dans le dossier BHV.
Lundi matin dans De Standaard, Bart De Wever se lançait dans la métaphore scatologique. "Le CD&V a fermé son sphincter politique pendant longtemps, mais maintenant il l'a complètement ouvert et tout lâche", a-t-il dit, estimant que les chrétiens-démocrates flamands étaient "prêts à tout pour maintenir Yves Leterme en selle".

Ces propos ont raidi de nombreux membres du CD&V. "Chacun joue son rôle, bien sûr, mais je dois dire que le ton et le registre linguistique de De Wever m'étonnent. Il commence à perdre les pédales", a commenté une personnalité du CD&V à l'agence Belga.


© La Dernière Heure 2010

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