Belgique

Les informateurs royaux, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, commenceront la nouvelle phase de leur mission avec 6 partis, à savoir le PS, la N-VA, le MR, l'Open Vld, le CD&V et le sp.a. Comme attendu, les écologistes n'en font pas partie. Un terme est désormais mis à la période d'information: le libéral francophone et le socialiste flamand présenteront au Roi, début octobre, un "rapport final" en vue d'entamer une phase de formation. "La phase d'information classique est terminée", a indiqué Didier Reynders. "Nous espérons pouvoir venir, au bout de cette mission d'information, avec une proposition de formation".

Les informateurs ont réuni à deux reprises, le 28 juillet et le 28 août, les partis susceptibles de participer à la formation d'un gouvernement fédéral. Huit partis étaient invités au départ mais avant la première réunion, Ecolo a annoncé qu'il ne s'y rendrait pas parce qu'il ne souhaitait pas s'asseoir à la même table que la N-VA. Groen a quant à lui répondu favorablement aux deux invitations mais a fait savoir qu'il ne dérogerait pas au principe cher aux Verts: les écologistes iront ensemble dans une majorité ou dans l'opposition.

"On a invité plusieurs fois huit formations autour de la table, sept sont venues et Groen ne souhaite pas participer sans Ecolo. Nous allons donc travailler avec 6 formations. Cela me paraît assez logique", a ajouté M. Reynders.

Tant le PS que la N-VA sont en revanche toujours dans la course. Des contacts qu'ils ont eus avec les différentes formations politiques, les informateurs "estiment que la formule la plus appropriée, à l'heure actuelle, est celle impliquant les deux plus grands partis issus de chacune des deux grandes communautés", ont-ils expliqué.

Est-ce à dire qu'ils ont déjà réuni les socialistes francophones et les nationalistes flamands et dépassé les exclusives prononcées au cours de la campagne électorale? MM. Reynders et Vande Lanotte demeurent discrets sur leurs entrevues. Ils ont toutefois expliqué qu'ils avaient "souhaité mettre autour de la table les deux formateurs" francophone et flamand, soit le président du PS, Elio Di Rupo, et l'ex-vice Premier ministre N-VA, Jan Jambon. Une initiative qui correspondait à leur mandat initial qui précisait qu'ils devaient garder le contact avec les formateurs dans les Régions et Communautés. "Nous avons lancé plusieurs invitations et, jusqu'à présent, ni du côté de la N-VA, ni du côté du PS, on n'a refusé ces invitations", a fait remarquer M. Reynders.

"Une phase de formation n'est pas envisageable aujourd'hui et ne le sera pas tant que les gouvernements régionaux et communautaires ne sont pas formés", a encore précisé l'informateur.

Ce lundi, le PS, le MR et Ecolo ont bouclé un accord pour la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Cela va libérer du temps pour discuter avec certaines formations politiques", s'est réjoui M. Reynders. Pour la Flandre, la patience sera encore de mise: un accord devrait intervenir aux alentours du 23 septembre.

Les informateurs ont affiché un relatif optimisme sur les chances de réussite de leur mission. M. Reynders les évalue à 7 sur 10, contre 5 sur 10 précédemment. Arriveront-ils à réunir le PS et la N-VA? "Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre", a dit M. Vande Lanotte en français.

Dans l'intervalle, les informateurs approfondiront une série de sujets et essaieront de trouver des convergences entre les différents partis: migration, pensions, assurance-maladie, emploi, sécurité, budget, climat, énergie, pauvreté, défense, etc.

La piste d'un gouvernement technique n'est pas sur la table. Si certaines mesures précises devaient être prises, le gouvernement fédéral en affaires courantes -minoritaire- peut s'en charger avec l'appui du parlement.