Certains s'en sont mieux sortis que d'autres, au moment de réciter (ou lire) les deux phrases officielles

BRUXELLES Notre pays s'est officiellement doté d'un gouvernement mardi, avec la prestation de serment devant le roi Albert II de l'équipe dirigée par Elio Di Rupo, à l'issue de la plus longue crise politique de son histoire.

M. Di Rupo, 60 ans, qui portait son emblématique nœud papillon, a le premier juré "fidélité au roi, obéissance à la Constitution et aux lois du Peuple belge" dans les trois langues nationales, le français, le néerlandais et l'allemand.

Il a été suivi par les douze ministres et six secrétaires d'Etat de son gouvernement, qui est ainsi entré officiellement en fonction. Le roi Albert, souriant et détendu, s'est attardé quelques instants auprès de chaque nouveau ministre.

Le nouveau gouvernement et le roi ont ensuite procédé à la traditionnelle "photo de famille". "C'est un moment solennel, un moment d'émotion", a commenté après la cérémonie, qui se déroulait dans la salle de la Rotonde du château de Laeken, le nouveau ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.

Ce dernier a abandonné le ministère des Finances qu'il occupait depuis 1999.
Le souverain belge avait nommé lundi M. Di Rupo, premier francophone à diriger un gouvernement en Belgique depuis plus de trente ans, ainsi que les membres de son gouvernement, mettant fin à la plus longue crise politique de l'histoire du royaume.

Le nouveau chef du gouvernement demandera cette semaine la confiance de la Chambre des députés, qui devrait lui être accordée samedi. Mais il pourra dès jeudi se rendre au sommet européen de Bruxelles. Il a fallu plus de dix huit mois, après les élections législatives du 13 juin 2010 pour former un nouveau gouvernement, les négociations ayant longtemps buté sur les divergences entre les partis flamands, majoritaires en Belgique, et francophones, au point que la question même de l'éclatement du pays a été posée.

La nouvelle coalition compte six partis - socialistes, libéraux et démocrates-chrétiens, tant flamands que francophones - mais exclut le grand vainqueur des élections en Flandre, la formation indépendantiste N-VA de Bart De Wever, qui a déjà promis une opposition féroce au nouveau Premier ministre.


© La Dernière Heure 2011