Belgique

Le parlement bruxellois a donné vendredi à une large majorité son feu vert à la signature du traité commercial de libre échange liant l'Union européenne et le Canada. Il y a eu 60 voix pour (majorité PS; DéFI; cdH; Open Vld; sp.a; CD&V et, dans l'opposition, le MR et la N-VA). Il y a eu 16 voix contre le mandat de signature (Ecolo; Groen; PTB, Vlaams Belang).

Dans la foulée, le parlement francophone bruxellois a lui aussi donné son feu vert à cette signature par 50 voix pour (majorité PS-DéFI-cdH et MR-opposition), et 12 voix contre (Ecolo et PTB).

Le Parlement de Wallonie avait donné son feu vert plus tôt dans la journée par 58 voix pour et 5 contre.

La motion a été approuvée par la majorité PS-cdH, avec l'appui de l'opposition MR ainsi que le député indépendant André-Pierre Puget.

L'opposition Ecolo et PTB, déplorant des avancées en-deçà, selon elle, de ce qu'avait exigé le Parlement il y a quinze jours encore, a voté contre.

Les élus de ces deux partis ont en outre déploré devoir se prononcer sur le compromis en moins de 24 heures. Une contrainte inconciliable avec la démocratie, selon eux.

Lors du débat qui a précédé le vote, le chef de l'opposition MR, Pierre-Yves Jeholet a dénoncé l'"instrumentalisation" et l'"intoxication" qu'il y avait eu autour du CETA, "présenté comme une monstruosité", a-t-il jugé.

Il a toutefois reconnu que le forcing wallon avait permis d'obtenir certaines clarifications au traité, et même des "avancées".

Maintenant que le différend est aplani, il a invité le ministre-président à travailler sans tarder à corriger "l'image écornée" de la Wallonie après son bras de fer avec le Canada et l'UE et à "rétablir nos relations avec nos partenaires européens, mais aussi d'Outre-Mer".

Très en verve vendredi, la députée PS Olga Zrihen (PS) n'a pas caché sa satisfaction envers les acquis wallons, notamment au profit des PME.

"Ces PME que vous dites défendre, M. Jeholet, c'est nous qui leur donnons aujourd'hui des armes pour se défendre! ", a-t-elle lancé en écho à l'accès facilité des PME au mécanisme de résolution des différends.

Pour le cdH, François Desquesnes a lui aussi attaqué le MR qui, présent au niveau fédéral, a très mal défendu, selon lui, les agriculteurs wallons lors de la rédaction initiale du CETA.

Ecolo, jusqu'il y a peu encore allié du PS et du cdH sur le dossier du CETA, n'a pas caché sa déception, listant toutes les revendications du Parlement qui restent aujourd'hui insatisfaites.

"Nous avions une résolution très forte. Elle n'est pas rencontrée", a jugé Hélène Ryckmans.

S'il y a bien des engagements, ceux-ci sont peu clairs, selon elle. "Pour un traité qui se veut de nouvelle génération, il manque une ambition forte qui se traduit par des mécanismes clairs".

Frédéric Gillot (PTB) a dénoncé de son côté un "coup de force de l'establishment européen".

Pour la formation marxiste-léniniste, l'ADN du traité n'a en effet nullement été modifié, à savoir augmenter les profits des multinationales canadiennes et européennes.

"Vous dites que le Parlement pourra à tout moment suspendre les effets du traité", a-t-il lancé à l'adresse du ministre-président. "Mais quand je vois la machine infernale que constitue le CETA, je n'ai même pas envie de la brancher...".