Deux données au niveau des hospitalisations interpellent par rapport aux vagues précédentes qui ont frappé la Belgique. La première est que les patients qui rentrent à l'hôpital sont de plus en plus jeunes. La deuxième est qu'ils présentent également fréquemment un IMC supérieur à 30. Il s'agit donc de personnes obèses. Il est ici question d'un patient sur cinq et donc d'une proportion importante. Le coronavirus aurait-il changé de cible depuis le début de la pandémie ?

Tout d'abord, précise Steven Van Gucht, ce n'est pas tant le virus qui est réellement coupable mais bien le corps de ces patients lui-même: "Le Covid est un virus qui s'attaque principalement aux poumons", explique-t-il, "le facteur de risque d'admission le plus important reste toujours l'âge". Cependant, il est vrai que l'organisme des patients obèses est lui responsable de complications graves. Leur système immunitaire fonctionne souvent moins bien et les inflammations se développent plus aisément. Elles disparaissent moins vite également. Par ailleurs, les capacités pulmonaires sont moins importantes du fait de la graisse qui exerce une pression supplémentaire sur la poitrine et l'abdomen.

Dès lors comment comment expliquer que les chiffres montrent qu'il y a de plus en plus de personnes obèses dans les hôpitaux ? Contrairement à ce que les données laissent à penser, les personnes en situation d'obésité ne se retrouvent pas plus souvent à l'hôpital qu'au début de la crise souligne le virologue: "Lors de la première vague, 10% des patients étaient obèses. Maintenant nous sommes à près de 20%. Cependant, l'obésité est maintenant plus présente dans les chiffres car de nombreuses autres conditions aggravantes ont pratiquement disparu des statistiques, celles généralement liées à l'âge. Maintenant que la plupart des personnes âgées ont été vaccinées, elles sont évidemment moins présentes dans les données", précise-t-il. Steven Van Gucht conclut son explication en arguant que 30% des patients admis à l'hôpital ne connaissaient aucun problème de santé au préalable.