Belgique

Vous les avez peut-être déjà vus sur des tracts électoraux, sur le site internet d'un parti. De nombreux politiques, dont certains d'envergure, inscrivent leur numéro de gsm sur leur tract électoral ou à leur page personnelle. Le but? Donner l'image de personnes proches des gens et toujours disponibles afin de répondre aux sollicitations de tout un chacun. Toutes les sollicitations? Nous l'avons testé pour vous.

Le principe du test mené par LaLibre.be est simple: un journaliste a récolté dix numéros de portable d'hommes politiques disponibles sur internet ou sur des tracts, a appelé ceux-ci en se présentant comme un citoyen ordinaire, curieux et leur a posé une seule question sur un point précis de leur programme. Les dix politiques testés ont-ils répondu ? L'électeur peut-il se sentir satisfait des suites données ?


1. Raoul Hedebouw (PTB-go!): tête de liste à la Chambre à Liège

Après quelques tonalités, l'actuel porte-parole du parti d'extrême gauche répond directement à son téléphone. Pourtant, au bout du fil, il paraît pressé et peu disposé à répondre à notre simple question. Finalement, il nous conseille de lui envoyer un mail et nous donne une adresse à laquelle faire parvenir celui-ci. Nous nous exécutons mais nous ne recevrons pas de suite.


2. Charles Michel (MR) : président du parti et tête de liste à la Chambre en Brabant wallon

Très vite, c'est une voix féminine qui nous répond, ce n'est donc pas Charles Michel au bout du fil. La collaboratrice du Mouvement réformateur nous explique que le président du parti ne peut pas répondre à tous les appels par lui-même et que, par conséquent, elle s'en occupe. Elle nous demande la teneur de notre question et nous promet qu'un collaborateur spécialisé va nous rappeler tout en évoquant le nom de Françoise Bertieaux, chef de groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dès le lendemain, un certains Nicolas Sonville, collaborateur de la parlementaire, nous contacte mais n'est finalement pas le mieux qualifié pour le thème abordé. Il nous promet qu'une autre personne mieux à même de nous éclairer nous rappellera sous peu, nous attendons toujours.


3. Didier Gosuin (FDF): tête de liste à la Région bruxelloise

Nous tentons à plusieurs reprises de contacter M. Gosuin mais finalement nous devons nous résoudre à lui laisser un message vocal. Cependant, le soir-même, le même Didier Gosuin reprend contact avec nous. Et ce, de manière très complète, en prenant le temps de nous expliquer les tenants et aboutissants de nos interrogations.


4. Zakia Khattabi (Ecolo): tête de liste à la Chambre à Bruxelles

ERRATUM: contrairement à ce qui avait été mentionné précédemment, le numéro de Zakia Khattabi n’apparaît ni sur ses tracts ni sur son propre site.


5. Cédric du Monceau (cdH): tête de liste à la Chambre en Brabant Wallon

À nouveau, notre appel est ignoré et nous devons donc laisser un message en espérant qu'il ne restera pas sans réponse. Mais Cédric du Monceau fait apparemment partie de ces hommes politiques qui écoutent leurs messages vocaux puisque le lendemain il nous rappelle pour nous expliquer en long et en large la proposition du cdH sur la matière évoquée.


6. André Flahaut (PS): tête de liste à la Chambre en Brabant Wallon

Une tonalité, deux tonalités, trois tonalités... « Allo. » Est-on bien en ligne avec André Flahaut? « C'est bien moi » nous répond la voix familière et reconnaissable de notre interlocuteur. Le candidat socialiste est le premier de notre liste à répondre directement et par lui-même à notre sollicitation. En effet, il prendra ensuite le temps nécessaire de s'étendre, de manière complète, sur nos questionnements.


7. Didier Reynders (MR): tête de liste bruxelloise à la Chambre

Le numéro que nous avons composé nous renvoie automatiquement vers une boite vocale dans laquelle une voix féminine annonce que l'on est bien sur le portable de Didier Reynders. Peu de chance donc que ce soit un numéro personnel. Alors que nous avions perdu tout espoir, nous sommes contactés une semaine plus tard par David Leisterh, 6ème sur la liste de Didier Reynders à Bruxelles et qui se présente comme un de ses collaborateurs. Celui-ci se montrera d'une précision irréprochable. Mais force est de constater que Didier Reynders ne prend pas le temps de répondre en personne.


8. Olivier Maingain (FDF): président du parti et tête de liste bruxelloise à la Chambre

Nous tombons directement sur la messagerie du candidat bruxellois lors de nos appels et décidons donc de laisser notre message. Nous n'avons pas été recontacté par le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert depuis.


9. Claude Rolin (cdH): tête de liste aux élections européennes

Là encore, nous faisons face à la déception de tomber sur une boite vocale. Un message y est laissé et reste sans suite. C'est seulement une semaine plus tard qu'une collaboratrice de M. Rolin nous rappelle pour satisfaire à notre demande.


10. Laurette Onkelinx (PS): tête de liste bruxelloise à la Chambre

C'est sans grand espoir que nous appelons la vice-Première ministre et pourtant, une voix féminine nous attend au bout du combiné. Mme. Onkelinx? Non. C'est une collaboratrice de la socialiste qui nous répond. Celle-ci nous conseille d'envoyer un mail. « Cela sera plus facile pour vous d'obtenir une réponse comme cela plutôt que par téléphone » nous dit-elle. Nous nous exécutons au plus vite et, le lendemain, une réponse nous attend dans notre boîte mail. Celle-ci, très complète, est satisfaisante mais rien ne dit qu'elle ait vraiment été rédigée par Mme Onkelinx.


Bilan: 5/10

Sur les 10 candidats que nous avons appelés, seuls quatre numéros permettaient bien d'entrer en contact avec le politique visé. De ces quatre hommes politiques, Raoul Hedebouw a été le seul à ne pas vouloir nous répondre et à nous demander d'envoyer un mail auquel il n'a jamais fait suite. Dans le même temps, seul André Flahaut nous a répondu directement et a bien voulu répondre à notre question. Didier Gosuin et Cédric du Monceau ont, quant à eux, tout de même fait l'effort de nous rappeler, ce qui est à souligner.

Cependant, nous devons prendre aussi en compte que lorsque nous n'avions pas la personne voulue au bout du fil, nous avons tout de même obtenu une réponse à notre question dans trois cas de figure grâce aux collaborateurs de Didier Reynders, Claude Rolin et Laurette Onkelinx.

À noter aussi que si aucun membre d'Ecolo n'est présent dans cet article c'est à cause du fait qu'aucune tête de liste du parti ne met à disposition son numéro de gsm sur des tracts ou sur internet. Quant au Parti populaire, totalement absent de ce test, nous n'avons pas non plus réussi à trouver des numéros de portable mis à disposition du citoyen.

Quant à Charles Michel et Olivier Maingain, nous attendons toujours de leurs nouvelles.