Les déclarations du président d’Ecolo Jean-Marc Nollet ont eu l'effet d'une petite déflagration ce mercredi matin sur la Première. Lorsqu’il a été interrogé sur la bulle sociale, une règle qui n’a plus de sens actuellement selon lui, il a carrément avoué qu’il ne la respectait actuellement plus : “Au début, oui, je respectais la bulle, mais depuis quelques semaines, je m’autorise à accueillir deux personnes chez moi, un couple”.


Paul Magnette, président du PS, a rapidement pointé du doigt ces déclarations. "Si un président de parti explique publiquement qu’il ne respecte pas les règles du confinement, comment attendre des citoyens qu’ils les respectent ? Les bras m’en tombent "

Interrogé par la DH, Maxime Prévot, président du CDH et l'un des leaders de l'opposition, a réagi à la sortie médiatique du président d'Ecolo. Le Namurois explique qu'il "respecte depuis le début la règle de 1 personne à la maison et de 4 maximum en terrasse".

Ce qui ne l'empêche pas de remettre la règle en cause. "Je dénonce depuis de nombreuses semaines l'incohérence de la règle de la bulle de 1. Elle doit être modifiée. Au minimum, ce doit être possible de recevoir un couple à la maison", propose Maxime Prévot. "Mais ce n'est pas acceptable pour autant qu'un président d'un parti qui participe à toutes les décisions à tous les niveaux de pouvoir déclare fièrement qu'il ne respecte pas la règle. Comment voulez-vous ensuite que les citoyens adhèrent aux règles et les respectent eux-mêmes ? À quoi bon demander des sacrifices aux indépendants, aux gens dans leurs contacts sociaux, aux jeunes, aux aînés, aux artistes et aux soignants si ceux qui édictent les règles les bafouent ? C'est difficilement compréhensible."

Le président de Défi a quant à lui estimé que "si les règles sont injustes, il faut les changer. Si elles sont justes, il faut les assumer et donner l'exemple". François De Smet a demandé de "cesser ce jeu 'un pied dedans, un pied dehors'. Le comportement des partenaires de la Vivaldi fragilise l'adhésion déjà fragile de la population".

Le ministre-président Jan Jambon (N-VA) s'est quant à lui dit stupéfait. Interrogé par Belga en marge d'un événement presse à Gand, il souligne lui aussi la valeur d'exemple que doivent garder les responsables politiques et la nécessité de rester cohérents avec les décisions que l'on prend.

Pour le président du MR, Georges-Louis Bouchez, "le politique doit respecter les principes, c'est une évidence, mais ce n'est pas parce que vous êtes un homme ou une femme politique que vous n'êtes pas un être humain avant tout. Une bulle d'une personne ne correspond pas à la réalité telle que les gens la vivent", a-t-il réagi sur la RTBF.

"Les règles s'appliquent à tout le monde", rappelle le porte-parole du Premier ministre

Tom Meulenbergs, le porte-parole du Premier ministre Alexander De Croo a aussi réagi aux propos tenus par Jean-Marc Nollet, rappelant que "les règles s'appliquent à tout le monde et elles sont là pour une bonne raison: lutter contre la propagation du virus".

"Ce n'est pas toujours facile, mais c'est justement parce que tant de Belges ont fait des efforts ces derniers mois que nous sommes parvenus à éviter une troisième vague dans notre pays", a tenu à rappeler le porte-parole d'Alexander De Croo.

"Respecter les règles en vigueur est le meilleur moyen de garder les chiffres sous contrôle. Les derniers mois l'ont prouvé. Mais bien sûr, c'est difficile. Nous voulons tous retrouver au plus vite notre vie d'avant. C'est la raison pour laquelle le Comité de concertation examinera également vendredi comment donner plus de perspectives dans les semaines et les mois à venir, sans prendre le risque d'une troisième vague."

Dans l'après-midi, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) s'est aussi exprimée sur le sujet: "La loi s'applique à tout le monde. Et monsieur Jean-Marc Nollet devrait, de par sa fonction, donner le bon exemple. Je regrette donc les propos qu'il a tenus dans la presse".

"Je comprends que les règles pèsent sur certaines personnes. Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous prenons, avec le comité de concertation, ces décisions", a déploré Annelies Verlinden. "Nous le faisons car nous n'avons pas d'autre choix. Nous cherchons cependant toujours l'équilibre entre la situation épidémiologique dans notre pays et le bien-être mental des Belges."