Après l'échec des négociations entre partenaires sociaux, c'est désormais le gouvernement fédéral qui va reprendre la main pour trancher la question de la marge salariale. Toujours plafonnée à 0,4 %, elle divise syndicats et patrons depuis maintenant plusieurs mois. Lors d'une réunion du kern ce lundi, le gouvernement semblait se diriger vers des hausses ciblées pour les entreprises, ayant bien performé durant la crise, et non pour les secteurs.

Une proposition que les syndicats rejettent d'ores et déjà. Dans une lettre cosignée, les dirigeants interprofessionnels de la FGTB et de la CSC mettent en garde le gouvernement contre une telle pratique. "Nous n'acceptons en aucun cas la stratégie de certains qui veulent contourner les accords sectoriels et négocier des primes ponctuelles directement dans les entreprises sans contribuer à la sécurité sociale. Nous n'acceptons pas cette stratégie, qui rompt avec la solidarité", écrivent les syndicats.

Mépris pour les travailleurs

Outre cet avertissement, FGTB et CSC insistent sur la nécessité de libérer et d'élargir le cadre des négociations. Ils qualifient au passage la loi de 1996 de "loi imbuvable et dépassée". "Depuis le début des consultations sur l'AIP, et au cours des trois dernières journées d'action, les syndicats ont envoyé un message clair : nous voulons des négociations salariales libres et équitables pour 2021-2022". Comprenez : avec une marge salariale indicative, et non pas contraignante.

"Les employeurs sont intransigeants sur un plafond de maximum 0,4 % pour tous les travailleurs. [...] Cette position est inacceptable", continue le courrier. "Elle témoigne du mépris pour les travailleurs qui ont permis aux entreprises de fonctionner tout au long de la crise sanitaire." Sans compter, insistent les auteurs de la lettre, que cette maigre marge est "encore plus pitoyable quand on voit le versement de dividendes plantureux".

De nouvelles actions envisagées

Si cette lettre engagée insiste à maintes reprises sur le besoin de solidarité, elle réaffirme une bonne fois pour toute l'impossibilité, pour les syndicats, d'engager le dialogue dans les conditions actuelles. "Nous exigeons à nouveau un cadre dans lequel des négociations libres sont possibles. Nous demandons aux employeurs de restaurer un dialogue social basé sur le respect et la responsabilité", insistent-ils. "La volonté des travailleurs de se faire respecter est sortie renforcée des différentes journées d'action menées. Nous espérons que le gouvernement et les employeurs l'ont compris."

Et si besoin, ils sont prêts à le leur rappeler. "De nouvelles actions dans les secteurs pourront être envisagées pour faire valoir nos revendications", glissent-ils en guise de cloture.