Les syndicats ont rejeté jeudi le protocole d'accord social 2020-2022 sur le rail, indiquent-ils en front commun à l'issue d'une réunion du comité de pilotage.

Ils s'opposent ainsi au projet de la direction. Ils lui présentent dès lors une nouvelle fois leurs revendications, qui concernent notamment une hausse salariale de 1,1% et le maintien des 36 heures pour l'ensemble du personnel, présent et à venir. Et lui demandent une réponse claire et concrète d'ici jeudi prochain. CGSP-Cheminots, CSC Transcom et SLFP Cheminots se réuniront ensuite pour statuer sur la réponse et décider de la réaction à y apporter. Les négociations de cet accord social pour la période 2020-2022 ont débuté au mois de juin. "En réponse aux principales préoccupations du personnel en matière d'emploi, de bien-être au travail et de pouvoir d'achat, la direction des chemins de fer belges propose une nouvelle hausse de productivité et de flexibilité foncièrement disproportionnée en comparaison à la valorisation du pouvoir d'achat, telles l'organisation des nouveaux recrutements sur base de 38 heures/semaine ou l'instauration de shifts de prestations jusqu'à 12 heures", déplore la CGSP Cheminots.

Cette dernière mesure concerne notamment les agents en charge du trafic dans les cabines de signalisation où ils doivent scruter plusieurs écrans en même temps durant huit heures aujourd'hui. Ils s'opposent à cette augmentation horaire pour des raisons de sécurité.

La direction souhaite également que les conducteurs et accompagnateurs de train commencent leur service immédiatement dans le train et non plus aux dépôts.

Les conditions de rémunération reposeraient en outre sur la pondération des profils, des objectifs à atteindre et le mérite, fustige le syndicat socialiste.

Aucune proposition globale en faveur des cheminots n'est envisagée, alors qu'ils ont fourni d'importants efforts au cours des quatre dernières années, estime-t-il, ajoutant que la productivité a augmenté de 20% et que 4.500 emplois ont disparu.

Les travailleurs sont déjà "sur la corde raide" en termes de conditions de travail ou d'effectifs et le texte proposé par la direction est "à des années lumières" de leurs attentes, abonde le SLFP. "On n'est plus très loin d'une démotivation qui serait très préjudiciable tant pour la direction que pour les agents eux-mêmes", met-il en garde. "L'évolution de l'emploi au sein des chemins de fer prévue pour 2020 dépendra de plusieurs facteurs qui augurent de sombres desseins", note encore le syndicat socialiste.

Outre une fidélisation du personnel qui pâtit et une expertise d'un personnel qualifié qui s'en va, le recrutement est ardu et les démissions augmentent, constatent la CGSP Cheminots et la CSC Transcom. Selon elles, cela est dû au manque d'équilibre entre vies privée et professionnelle, les cheminots travaillant bien plus d'heures que les 36 prévues par semaine et n'arrivant plus à les récupérer par manque de personnel. Or la direction veut augmenter le temps de travail à 38 heures pour les nouveaux engagés sans augmenter le salaire, dénoncent les deux organisations.

Les syndicats soulignent avoir donné toutes ses chances à la concertation sociale ces huit derniers mois. Ils demandent une hausse salariale de 1,1%, telle que prévue par l'accord interprofessionnel, des engagements statutaires pour un service de qualité, le maintien des 36 heures pour l'ensemble du personnel, actuel et à venir, et enfin des conditions de rémunérations identiques pour les agents contractuels et statutaires, en fonction des barèmes et non au mérite. Ils se disent "déterminés".

Les instances des organisations syndicales se sont chacune réunies récemment et leurs militants se sont, à chaque fois, opposés au projet de la direction, qui, selon eux, mettrait à mal la sécurité, la ponctualité, le service et la pérennité.

Lors du comité de pilotage de ce jeudi, le front commun a donc rejeté le protocole d'accord social et demandé à la direction de lui transmettre, pour jeudi prochain, "une réponse claire et concrète" quant à ces revendications. En fonction de celle-ci, il se réunira ensuite pour déterminer les actions à mettre en place.

HR Rail, la société employant les travailleurs des Chemins de fer, confirme qu'il n'y a pas encore d'accord. "Malheureusement, un accord n'a pas encore pu être trouvé sur tous les points. Les partenaires sociaux ont toutefois convenu de poursuivre le dialogue social au niveau des chemins de fer belges. Une nouvelle rencontre sera planifiée dans le courant de la semaine prochaine."