Nombreux se demandent comment ne pas aller un joint trop loin

WAVRE `Si je devais voter aujourd'hui, je serais embarrassé. C'est vrai que j'ai toujours été favorable à la dépénalisation de la drogue. Pourtant, après ce comité permanent, j'émets des réserves sur la mise en pratique de ce dossier.´

Charles Michel, le ministre wallon de la Fonction publique, figurait samedi, à Wavre, au nombre des quelque deux cents personnes qui ont pris part au comité permanent consacré au dossier de la drogue. À l'initiative de Daniel Bacquelaine, chef de groupe libéral à la Chambre, tous ont pu écouter les exposés du professeur Pelc, de l'hôpital Brugman, et du criminologue de l'UCL Dan Kaminski. Et ce, afin de se forger une opinion. C'est que le bureau du PRL doit, lundi, déterminer la position du parti en la matière.

`La drogue reste une fuite qui permet aux gens de trouver une certaine forme de bonheur, nous a confié Frédéric Janssens, futur président du CPAS de Wavre. Et même si le cannabis est une des substances les moins dangereuses, elle peut, comme l'alcool ou le tabac, donner lieu à des dérives. L'héroïne ou les drogues synthétiques ne sont pas loin ,et c'est un peu comme passer de trois bières à une bouteille de whisky par jour. Je pense donc que la position du parti sera très conservatrice.´

Si Hervé Hasquin, ministre-président de la Communauté française, se disait `encore réservé sur la question´, il en allait de même pour le ministre wallon de l'Économie Serge Kubla: `Moi qui ai d'ordinaire des positions tranchées, c'est un dossier qui me met objectivement mal à l'aise. Je vois des personnes qui sont favorables à un assouplissement, mais j'émets de grandes réticences, surtout quand j'analyse les conséquences que cela peut avoir sur la délinquance.´

Et la députée fédérale Jacqueline Herzet d'embrayer: `La question se résume à celle-ci. Trouver l'euphorie dans un dancing avec un joint à 80 F (1,98 ) vaut-il mieux que d'y arriver avec un verre de bière à 200 F (4,96 )? C'est vrai que c'est une question qui ressort de la vie privée, mais est-ce que les parents dont les jeunes se droguent seront d'accord avec une libéralisation du cannabis? Je pense que la loi doit être là pour protéger les plus faibles, à savoir les mineurs et les personnes qui ne savent pas comment aller trop loin.´

Il reste pour Jacques Simonet, bourgmestre d'Anderlecht, qu'il faut `sortir de l'hypocrisie actuelle. En restant profondément libéral pour faire confiance à la responsabilité de chacun. Mais aussi en exerçant une coordination au niveau économique et de la santé publique pour maintenir l'ordre public. Cela nécessitera évidemment une réflexion globale sur tous les niveaux de pouvoir, du fédéral au communal.´