Belgique Un passage devant le tribunal n’est pas exclu par Mohamed Abdeslam qui se dit véritablement attristé par sa perte d’emploi.

C’est en lisant la DH que Mohamed Abdeslam a appris, ce mercredi, qu’il était mis à la porte de la commune de Molenbeek (plus d'infos ici). Son licenciement de l’administration ne lui est parvenu par courrier qu’après la parution de l’article. C’est en tout cas ce qu’il affirme. De quoi surprendre l’ex-employé, pas vraiment étonné, par contre, de cette décision. Ce sont plutôt les motivations avancées pour le licencier, qui surprennent le frère de Brahim et Salah Abdeslam.

"Cette décision l’attriste réellement, même si, effectivement, elle ne l’étonne pas. Son boulot, il l’aimait vraiment. Sur dix ans de bons et loyaux services, on ne lui a jamais rien reproché", précise d’emblée l’avocate de Mohamed Abdeslam, Nathalie Gallant.

La célèbre pénaliste se dit, en revanche, surprise, comme son client, des motifs exprimés par l’administration communale de Molenbeek dans la lettre de licenciement, longue de trois pages, envoyée à Mohamed Abdeslam. "À aucun moment, dans ce courrier, il ne lui est reproché, contrairement à ce qui est rapporté par les autorités communales, d’avoir tenu des propos déplacés à la sortie de la prison de Bruges, au sujet des intentions de son frère. Dans le courrier, on lui reproche, en réalité, de s’être exprimé, notamment au pas de sa porte, dans les jours qui ont suivi les attentats de Paris", précise la pénaliste, ajoutant qu’il est plutôt malvenu de la bourgmestre Françoise Schepmans de reprocher à Mohamed Abdeslam des erreurs de communication. "Une semaine avant le licenciement de mon client, sa bourgmestre a déclaré, sur un plateau de télévision : "Les frères Abdeslam sont des crapules" . Elle ne visait sans doute pas les quatre frères mais s’exprimer de la sorte, ce n’était pas adéquat, non plus".

Nathalie Gallant n’exclut donc pas de contester ce licenciement. "Si certaines des constatations reprises dans le courrier, sont basées sur des inexactitudes ou des approximations, cela pourrait justifier un éventuel recours devant le tribunal. Il y a effectivement des questions qui se posent sur la pertinence des arguments avancés, tout comme il convient également d’examiner le calcul des indemnités réalisé par la commune de Molenbeek", conclut l’avocate.