Les députés ont également approuvé un allongement du délai légal à 18 semaines.

Mercredi, la commission Justice de la Chambre a approuvé les articles de la proposition de loi qui dépénalise complètement l’avortement. Le CD&V a demandé une deuxième lecture. Le vote sur l’ensemble attendra donc au moins deux semaines.

Les députés de huit partis - PS, SP.A, Ecolo, Groen, MR, Open VLD, Défi et PTB - se sont accordés sur des amendements à une proposition de loi du PS. Le délai dans lequel une interruption volontaire de grossesse (IVG) peut être pratiquée passerait de 12 à 18 semaines après la conception, l’IVG serait complètement dépénalisée aussi bien pour les femmes que pour les médecins et le délai de réflexion serait réduit de 6 jours à 48 heures.

Près de trente ans après la fameuse loi de 1990, les partis estimaient qu’il était temps de moderniser la loi. L’année passée, une loi dépénalisant partiellement l’avortement avait été votée mais n’avait pas satisfait les associations féministes. La N-VA, le CD&V, le Vlaams Belang et le CDH se sont opposés à tout ou partie du texte. Plusieurs questions ont été posées sur le choix des 18 semaines. "Quelle est la motivation des 18 semaines ? Pourquoi pas 20 ou 14 ? Je ne l’ai pas encore entendue. Je sais seulement que l’avortement sera beaucoup plus difficile physiquement et psychologiquement, et que le fœtus sera bien plus formé et se rapprochera du seuil de viabilité", a estimé Valérie Van Peel (N-VA).

Mardi, 750 médecins, sages-femmes, infirmiers et psychologues ont publié une carte blanche demandant aux députés de ne pas voter la proposition. Ils redoutent notamment une banalisation de l’avortement.

"On abuse des affaires courantes"

Le débat a parfois été mouvementé. Sophie Rohonyi (Défi) s’est désolée des "caricatures" qu’elle a entendues. De l’autre côté, plusieurs députés ont déploré un texte flou et mal étayé alors qu’il touche "à la vie et à la mort". L’absence de majorité gouvernementale et de formation d’un nouveau gouvernement a également été critiquée par les opposants au texte. "On abuse ici des affaires courantes pour se profiler. On se précipite en faisant comme s’il y avait une situation d’urgence", a accusé Els Van Hoof (CD&V).