Pour Louis Tobback (notre photo), la Belgique est devenue une dépendance de l'Allemagne sur le plan économique et de la France pour sa politique énergétique


BRUXELLES Bruno Tobback s'est rangé derrière les propos de sa présidente de parti Caroline en qualifiant la N-VA de "Nieuw Vlaamse Arrogantie. Quelque soit le récipiendaire de critique, le parti dans son entièreté l'assume, de qui le conforte dans son rôle de "Calimero", a déclaré le brabançon.

Dans le dossier du regroupement familial, la N-VA a conclu un accord avec le MR, dans lequel le parti a lâché du lest sur les exigeances liées à la langue. Le temps se faisant long, Bruno Tobback a répéter qu'il faudrait peut-être former un gouvernement sans la N-VA, tout en soulignant "remarquable" que le parti nationaliste flamand soit apparemment prêt à arriver à un compromis.

Louis Tobback s'exprime dans De Zevende Dag



Le fait que Standard & Poors ait annoncé qu'il ne dégradera pas la cotation de la Belgique à court terme est une bonne chose mais cela ne change rien au fait que nous nous ridiculisons aux yeux du monde, a dit dimanche à l'émission (VRT) le ministre d'Etat Louis Tobback (sp.a). Pour lui, la Belgique est devenue une dépendance de l'Allemagne sur le plan économique et de la France pour sa politique énergétique. Il n'y aura donc jamais de Flandre indépendante, a-t-il ajouté.

L'actuel bourgmestre de Louvain a encore répété qu'il est convaincu que, si on attend longtemps assez, on finira par former un gouvernement sans la N-VA. Il a aussi souligné que la N-VA était, de façon assez étonnante, prête à conclure certains compromis, comme celui qu'elle a accepté avec le MR sur la proposition de loi durcissant les règles en matière de regroupement familial. Pour s'assurer le soutient du MR, la N-VA, le CD&V et l'Open Vld ont en effet laissé tomber l'exigence du parcours d'intégration.

Pour Homans (N-VA), le roi ne donne pas assez de chances à la N-VA

La chef de groupe N-VA au Sénat, Liesbeth Homans, et d'avis que le roi ne donne pas assez de chances à son parti pour trouver une solution à l'impasse politique actuelle. Interrogée dimanche à De Zevende Dag (VRT), elle a aussi dit que selon elle le fait que le roi refuse de signer un arrêté pour l'organisation d'élections est un "acte politique".

Mme Homans plaide pour que le souverain laisse l'initiative au plus grand parti, c'est-à-dire le sien. En juillet dernier, Bart De Wever a été pendant 22 jours informateur et en octobre il a été chargé pendant 10 jours d'une mission d'éclaireur, alors que des représentants d'autres partis ont reçu tout le temps pour faire ce qu'ils voulaient, a-t-elle dit.

Les arguments de Mme Homans n'ont pas convaincu les représentants des autres partis.

Si le roi ne tient pas compte de la N-VA, rien n'empêche ce parti de prendre des initiatives pour sortir de l'impasse politique actuelle, a dit Renaat Landuyt (sp.a). Annemie Turtelboom (Open Vld) a souligné pour sa part que la N-VA, tout en rappelant qu'elle est le premier parti, dit ne pas vouloir du poste de premier ministre ou de formateur. "Que doit alors faire le roi?", s'est demandé la ministre démissionnaire.

Hendrik Bogaert (CD&V) est resté prudent estimant que ce n'était pas le moment de mener une discussions sur le rôle du roi tout en ajoutant que son parti ne refusera pas le débat sur ce thème.

© La Dernière Heure 2011