Le président du CDH veut revoir l’impôt des sociétés pour le rendre “plus juste”

BRUXELLES Rien n’est inscrit à ce propos dans l’accord de gouvernement ? Qu’importe ! Le président du CDH Benoît Lutgen veut “une révolution fiscale” . Immédiatement ! Pour que “notre système fiscal devienne plus lisible, plus juste et plus équitable” .

Quelle est cette révolution ?

“Je parle de l’Isoc, de l’impôt des sociétés. Au fil du temps, nous avons installé une série de rustines pour faire baisser le taux d’imposition des entreprises : les intérêts notionnels, diverses niches fiscales, etc. Tout cela est hyper-complexe. Les indépendants et les PME n’ont ni les compétences ni la capacité de se payer une ingénierie fiscale pour en profiter. Ça ne va pas ! Il n’est pas normal que des multinationales payent 0,02 % d’impôts et que le boulanger du coin en paye plus de 30 %.”

Que proposez-vous ?

“L’Isoc est de 34 %. Certaines sociétés arrivent à le ramener à 25 %. Il faut réconcilier le taux facial et le taux réel. Ça passe par une diminution du taux réel.”

Et par la suppression de toutes les déductions fiscales ?

“Il est choquant que des règles décidées par le législateur ne soient accessibles qu’à certains… Il ne doit en rester que quelques-unes pour encourager l’emploi et l’investissement.”

N’y a-t-il pas un risque de mettre à mal la compétitivité de la Belgique ? Les grandes entreprises pourraient fuir le pays.

“Non, parce que l’autre élément essentiel de cette révolution est d’assurer une stabilité pour créer des conditions de confiance dans le temps. Fixer des balises sur 10 ou 15 ans pour que les entreprises puissent investir en toute connaissance de cause.”

On imagine mal la FEB (la Fédération des entreprises de Belgique) d’accord avec ce projet…

“Je l’ai dit, on peut garder certains types de déduction. Mais je suppose que la FEB défend toutes les entreprises et pas seulement les plus grandes. Si on décide d’un taux qui reste attractif sur le plan européen, il n’y a pas de raison que les entreprises soient inquiètes et s’en aillent. Nous devons trouver un juste milieu.”

Quel sera l’impact budgétaire ?

“Il sera positif ! La réforme s’inscrit dans une approche de développement et de création d’emplois. C’est ça qui doit nous guider. Réconcilier fiscalité, emploi et développement économique.”

Le timing ?

“Maintenant ! Si possible au sein du gouvernement. Sinon, nous déposerons des propositions nous-mêmes.”



© La Dernière Heure 2013