Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open Vld), a plaidé dimanche pour une révision "le plus rapidement possible" de la loi de 1998 sur les services de renseignement pour donner la possibilité aux agents de la Sûreté de l'Etat d'infiltrer les réseaux sociaux pour mieux combattre le terrorisme. "On va changer la loi (organique des services de renseignement et de sécurité, ndlr) le plus rapidement possible", a-t-il affirmé lors de l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" sur la chaîne de télévision privée RTL-TVI, confirmant des propos tenus lors d'une interview publiée samedi par le journal 'La Libre Belgique'.

Selon M. Van Quickenborne, les agents de la Sûreté de l'Etat peuvent actuellement être actifs sous de fausses identités sur les réseaux sociaux. Mais leurs activités restent limitées. Ils ne peuvent pas, par exemple, +liker+ une publication suspecte.

"Or, si nous voulons que l'infiltration soit plus efficace, les agents doivent être plus libres dans leurs actions. Dans certains cas, ils doivent pouvoir commettre des infractions pour gagner la confiance d'auteurs potentiels d'actes terroristes", a ajouté le vice-Premier ministre libéral flamand à 'La Libre'.

"Mais attention, il ne s'agira pas d'opérations visant à provoquer des actes criminels, ce qui est effectivement interdit. Sans rentrer dans le détail, la modification de la loi sur la Sûreté de l'État permettrait la mise en place de certaines opérations strictement encadrées par des magistrats. Et pas seulement dans le domaine du terrorisme. Les activités liées à l'extrême droite nous inquiètent, tout comme la problématique de la drogue ou encore les cas d'espionnage économique, surtout à Bruxelles", a-t-il poursuivi.

M. Van Quickenborne a par ailleurs salué sur le plateau de RTL-TVI l'action des services de renseignement et de sécurité qui a conduit à l'interpellation le week-end dernier à Eupen de deux mineurs, âgé de 16 et 17 ans. Ils sont suspectés de tentative d'assassinat terroriste et de participation à une organisation terroriste après avoir enregistré une vidéo d'allégeance au groupe djihadiste État islamique (EI, alias Daech).

"Nos services de sécurité et de renseignement sont plus robustes aujourd'hui après les attentats (du 22 mars 2016 à l'aéroport de Zaventem et dans la station de métro Maelbeek à Bruxelles) et la commission d'enquête parlementaire (qui a suivi). Il y a donc plus d'assurance pour les gens", a-t-il assuré dimanche.