Elle avait auparavant été soumise à un feu nourri de questions de la part des parlementaires. Pendant plus de 5 heures, ces derniers l'ont interrogée sur la destruction du stock stratégique de masques, sur la réaction tardive des autorités belges, sur les économies dans les soins de santé, sur "la grippette" évoquée en début de pandémie alors que des signaux d'alarme se faisaient déjà entendre, sur le devoir de réserve des experts ou encore sur sa communication défaillante et son absence de leadership.

Les tensions entre le cabinet et l'administration ont également été évoquées. "En temps de crise, certaines tensions peuvent apparaître, mais il n'y a pas besoin d'être les meilleurs amis du monde pour réussir à collaborer", a botté en touche Maggie De Block en rappelant tout de même qu'au bout de trois semaines, "il n'y avait toujours pas de cellule de crise mise en place au sein du SPF".

Quant à Sciensano, "ils refusaient de communiquer les données relatives à la surveillance hospitalière, dont le nombre de patients covid, le nombre de patients aux soins intensifs, sous respirateur ou le nombre de morts par hôpital. Je comprends, parce qu'ils craignaient que les patients choisissent leur hôpital sur base de ces chiffres non-contextualisés. Depuis, ils ont progressé et ces données sont désormais communiquées", a assuré l'ex-ministre.

"Le fédéral, alors en affaires courantes et sans majorité à la Chambre, a aussi dû, au départ, assumer certaines compétences des entités fédérées, notamment en matière de testing et de distribution d'oxygène dans les maisons de repos, car ça ne fonctionnait pas", a-t-elle ajouté avant de revenir sur sa communication qualifiée de "défaillante" par différents parlementaires. "Entre janvier et octobre 2020, j'ai pris la parole pendant 7.300 secondes dans les journaux télévisés flamands, ce qui était davantage que l'ensemble des virologues", s'est défendue Maggie De Block.

Vendredi matin, dans son introduction adressée aux parlementaires, l'ancienne ministre avait reconnu que ne pas reconstituer immédiatement le stock stratégique de masques avait été une erreur. "Détruire ce stock était la bonne décision mais ne pas le reconstituer immédiatement était une erreur. On n'a pas pensé que c'était urgent, puis le covid a surpris le monde entier et s'est installé", avait-elle admis.

Un aveu salué par de nombreux députés. "Reconnaître vos erreurs est tout à votre honneur", a ainsi estimé Michel De Maegd (MR). "Vous êtes la seule membre du gouvernement entendue dans cette commission à avoir eu le courage de reconnaître ses responsabilités", a renchéri Sophie Rohonyi (DéFI) tandis que d'autres soulignaient "l'humilité" de la démarche.

"Maggie De Block a fait un mea culpa" sans réellement s'excuser, ont de leur côté regretté les députées N-VA Kathleen Depoorter, Frieda Gijbels en Yngvild Ingels.