Sous le titre "Non, Monsieur le Ministre, vous n'êtes pas le patron du parquet!", les deux associations se sont fendues d'un communiqué commun rappelant le principe de séparation des pouvoirs et donc l'indépendance de la Justice.

Relayé également par La Libre vendredi, le texte reconnait les compétences du ministre de la Justice (celles d'injonction positive et de prendre des directives de politique criminelle) mais rejette avec force l'expression de "patron" ou de "chef" du parquet, utilisée par Vincent Van Quickenborne au micro de la télévision publique flamande. Au-delà de cette expression maladroite, l'intervention rapide et médiatique du ministre sur les récents évènements n'a pas été appréciée, d'autant plus que l'enquête est encore en cours. Promettre que les suspects seront poursuivis et condamnés, si les faits sont avérés, n'est pas du ressort du ministre, rappellent les magistrats.

Le ministre avait également été interrogé cette semaine à la Chambre sur le sujet des violences envers les forces de l'ordre. Il y a annoncé avoir eu une réunion avec le Collège des procureurs généraux, chargé justement de diffuser vers les procureurs les circulaires contenant les directives de politique criminelle. Une circulaire sera envoyée, demandant de ne pas classer sans suite les dossiers concernant des violences à l'encontre des policiers.

A ses côtés, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) a annoncé que l'Etat belge se constituerait partie civile dans les différentes affaires survenues ces derniers jours. Si cela devient systématique, cela risque cependant de ralentir inutilement les procédures, a estimé vendredi au micro de la VRT (en radio) Frank Verbruggen, professeur de droit pénal à la KULeuven.

"Pour les affaires graves, par exemple si un policier est attiré dans un guet-apens de trafiquants de drogue, il est justifié d'avoir un juge d'instruction sur le coup. Mais parfois, les violences contre la police sont un étudiant saoul qui résiste lors d'une fête en temps de corona. Dans ces cas-là, il n'est pas nécessaire de suivre une procédure lourde qui dure des mois et implique plusieurs instances", argumente le professeur. Dans ce cas, "on ne doit sûrement pas se constituer tout le temps partie civile, ce qui peut parfois faire perdre beaucoup d'énergie et de temps".