Belgique

Spectateurs passés à tabac à cause de leur origine, police prise à partie, véhicules en feu : la manifestation nationale n'a pas seulement été suivie par des syndicalistes en colère. Ni par de "simples" casseurs en mal de sensations fortes

Vingt-quatre heures après les violents incidents qui ont opposé la police à une partie des travailleurs, Bruxelles est toujours groggy . Visant à exprimer le mécontentement envers le gouvernement Charles Michel et ses mesures jugées anti-sociales, la manifestation a, en partie, viré au pugilat avec les forces de l'ordre dans l'après-midi. Voitures brûlées ou retournées, coups : ce qui a été un grand événement national au succès populaire (les chiffres varient entre 100 000 et 130 000 participants, selon les versions) s'est aussi transformé, en fin de cortège, en bagarre de rue.

Les responsables du site RésistanceS.be sont parvenus à débusquer, parmi les "casseurs", certains visages connus du paysage de l'extrême droite européenne. Selon ces derniers, au moins deux militants néo-nazis néerlandais ont été formellement identifiés. 

Il s'agit de Eite Homan, nostalgique du IIIe Reich régulièrement présent lors de manifestation d'extrême droite, et de Karl-Jan Walle, dont le tatouage sur le cou à l'effigie des SA hitlériennes ne laisse guère la place à l'interprétation. Sans aucun signe de reconnaissance syndicale, les deux hommes ont fait partie des affrontements avec la police survenus aux alentours de la Porte de Hal à la fin de la manifestation.

Toujours selon le web-journal Résistances.be, ils seraient toujours en Belgique ce vendredi, afin d'assister à un rassemblement organisé par l'Autonome Nationalisten Vlaanderen, autoproclamé "seul mouvement national et révolutionnaire de Flandre" et qui affiche clairement son soutien aux "camarades" nazis d'Aube Dorée.

© © RésistanceS.be

© © RésistanceS.be

Quand les "antifas" font le ménage

Outre la présence de ces leaders venus des Pays-Bas, des membres du mouvement Nation ont également participé au cortège. Il était plutôt étonnant d'ailleurs de les retrouver sur place, étant donné que leur dernier billet annonçait clairement la couleur : cette manifestation "n'est qu'une vaste manœuvre organisée par les socialistes furieux d'avoir été mis dans l'opposition !" , peut-on lire en tête de gondole sur le site du groupuscule d'extrême droite. Les membres de ce groupe qui se sont aventurés à Bruxelles auraient vite été reconnus et chassés par les antifascistes de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) et de l'Union syndicale étudiante (liée à la FGTB).

Encore plus grave, le web-journal relate aussi des violences commises par des dockers anversois envers "des jeunes bruxellois d’origine marocaine qui assistaient, comme spectateurs, à la manifestation passant dans leur quartier ". RésistanceS.be rappelle que le milieu des dockers d'Anvers est "infiltré" par l'extrême droite, le Vlaams Belang en tête.