"Si des mesures avaient été prises plus tôt, comme l'obligation d'installer un compteur de CO2 dans les salles de classe, le problème ne se serait jamais posé dans les écoles", a martelé le virologue Marc Van Ranst sur VTM Nieuws, à l'issue du Comité de concertation. Pour le virologue, les nouvelles mesures arrivent "toujours trop tard".

"Vous ne pouvez pas ménager la chèvre et le chou", a déclaré M. Van Ranst. "Parfois, il faut être audacieux. Des masques buccaux dans les écoles dès l'âge de six ans et des compteurs de CO2 obligatoires dans les salles de classe : cela aurait pu être fait il y a un an. Alors le problème ne se serait pas posé dans les écoles."

Pour la même raison, M. Van Ranst a déclaré que la mesure visant à restreindre les événements publics n'avait "rien de satisfaisant". "Si des mesures avaient été prises plus tôt dans les écoles, cela n'aurait pas été nécessaire. Il est toujours trop tard."

M. Van Ranst s'est dit "un peu surpris" que le secteur de la restauration puisse rester ouvert jusqu'à 23 heures, qui est aussi une activité où les gens se retrouvent. "C'est un risque. Cela pourrait bien se passer, et espérons-le. Mais on ne combat pas une épidémie avec de l'espoir."

Une classe entière a déjà dû être mise en quarantaine après deux cas de Covid-19, M. Van Ranst s'attend à ce que de plus en plus de classes suivent chaque jour. Cela entraînera également une incertitude persistante, dit-il. Selon lui, il reste également à voir si la fermeture anticipée de l'enseignement n'arrivera pas trop tard.

M. Van Ranst est satisfait de la recommandation de limiter les contacts et d'utiliser les autotests. Il a souligné que le prix de ces tests a considérablement baissé et que les tests figurant sur la liste de la FAGG, l'agence des médicaments, sont fiables. Les tests ont certainement éliminé les super-contaminateurs, a déclaré M. Van Ranst.

"Organiser trois Codeco de suite, ça n'a pas beaucoup de sens"

De son côté, Catherine Linard, géographe de la santé à l'UNamur a réagi auprès de Belga : "Organiser trois Comités de concertation de suite, ça n'a pas beaucoup de sens. Ça ne donne pas assez de temps pour voir les effets des mesures prises la semaine passée", regrette-elle. 

"La vraie question c'est : est-ce que l'on aurait dû prendre plus de mesures dès la semaine passée ?" Si le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, s'est dit déterminé à soulager le milieu hospitalier, la géographe de la santé rappelle que la situation n'est pas nouvelle. "On savait déjà il y a une semaine que le milieu hospitalier est sous tension. Je suis sceptique par rapport aux nouvelles mesures car elles ne vont de toute façon pas avoir un effet immédiat. Si on prend l'exemple des écoles, on reste encore dans une perspective de long-terme", développe-t-elle. "Cela permettra peut-être de limiter les contaminations lors des fêtes de fin d'année."

Catherine Linard insiste également sur un aspect important de la gestion de cette crise sanitaire : l'adhésion de la population aux mesures du gouvernement. Un point qui nécessiterait, selon elle, plus d'attention. "Travailler sur une meilleure communication et plus de pédagogie permettrait de garantir une meilleure application des règles déjà en place. À mon sens, si elles étaient déjà bien respectées, elles auraient pu suffire", précise la géographe de la santé. Par ailleurs, elle regrette "cette succession de Comités de concertation qui n'arrange rien et suscite plus d'incompréhension et de lassitude dans la population".