Marc Van Ranst est un homme contrarié. Sur Twitter, le virologue a tenu à manifester son mécontentement face à la politique actuelle pour contrer le coronavirus. "Au moment où des décisions très difficiles doivent être prises, les décideurs de notre gouvernement sont coincés par le ras-le-bol de la population. Il est grand temps d'agir." Comme nous vous l'annoncions ce matin, la Belgique connaît une hausse du nombre de cas. Selon Van Ranst, ces chiffres inquiétants ne sont que "la recette de cette politique désastreuse. L'épidémie réagit normalement parce qu'on lui donne une chance de survivre: elle explose et la courbe monte très vite", explique-t-il.

L'infectiologue remet également en question le fait que les experts aient été écartés des discussions. "Il y a quelques semaines, les virologues ont été expulsés de l'organe consultatif et remplacés par des personnes qui assoupliraient les mesures. Désormais, les virologues ne peuvent que signaler l'extrême dangerosité de cette stratégie."

Van Ranst met aussi en garde la population contre ce qu'il appelle "un état d'esprit de relaxation face à l'épidémie qui croît de façon exponentielle parmi les décideurs politiques, l'organe consultatif et la population." Il met également l'accent sur "les politiciens qui sont distraits par la formation d'un gouvernement qui est au ralenti." Il assimile donc tous ces facteurs à "une recette qui s'annonce désastreuse." Avant ensuite de conclure: "Le message qui dit que nous devons vivre avec le virus n'est pas le bon. Il est grand temps d'agir, bon sang!"

Ce lundi, Erika Vlieghe allait déjà dans le sens de Van Ranst. Pour l'ancienne présidente du GEES, nier le problème se répercute inévitablement sur la sphère privée puisque les gens auront tendance à ne plus respecter les mesures. "En disant qu'il faut repenser la bulle de 5, le problème est minimisé. Vous pouvez continuer à voir des gens, mais à l'extérieur et avec distance. Il est préférable de limiter ses contacts étroits à cinq, même si cela s'apparente à un défi de le respecter."