Comment analysez-vous la tendance épidémiologique ?

"Nous traversons un moment très difficile. On avait prévu que le nombre d’hospitalisations allait monter. On suit la courbe bleue. Mais le nombre de nouveaux cas de contaminations est inquiétant… Si on dissèque la courbe du variant britannique, on voit qu’elle monte vraiment fort. On ne sait pas si ce variant britannique va se stabiliser comme la souche qu’on a connue depuis le début de l’épidémie. Si c’est le cas, on ne connaîtra pas de grand problème. Si ça monte, ça peut être rapidement exponentiel."

Comment déterminer la suite ?

"Si nous continuons de suivre les mesures, cela devrait aller. Mais si on pense que c’est fini, qu’on ouvre grand toutes les vannes, on aura un problème. En Italie, l’Horeca a été ouvert et trois semaines plus tard, les chiffres sont remontés. Ils sont dans un 3e lockdown."

Le calendrier de déconfinement sera-t-il tenable ?

"On doit attendre. On ne peut pas dire qu’ouvrir l’Horeca début mai sera impossible. Mais il faut avoir le sens des réalités et se rendre compte que cela peut changer. Si les chiffres continuent à monter, on doit considérer le plan B."

À savoir ?

"Ne pas rouvrir l’Horeca début mai. Pour le moment, on en reste au plan A. Il s’agit de décisions politiques et ceux-ci réalisent bien quelle est la situation."

Une situation comme en Italie avec un troisième lockdown est-elle possible chez nous ?

"Bien sûr que oui. Un troisième lockdown est possible, mais on peut et on doit l’éviter à tout prix. Mais si c’est le cas, nous ne serons pas le premier pays à y entrer. Nos chiffres sont meilleurs que dans bien d’autres pays."

Comment l’éviter ?

"Une vaccination efficace permettra de diminuer les nouveaux cas. Et il ne faut pas faire de bêtises. Organiser des barbecues pour le moment, c’est une bêtise. Car l’épidémie n’est pas finie."