Covid oblige, c'est finalement un discours de Jean-Claude Marcourt, le président de l'assemblée régionale, qui a marqué l'événement. "Parce qu'on n'a pas tous les jours 40 ans, je voudrais revenir sur la longue et trop lente marche de la Wallonie vers le fédéralisme", a-t-il dit à cette occasion.

"Sans remonter aux Eburons ou aux Nerviens mais en nous limitant à la période belge - dans l'acception liée à l'Etat Belgique -, nous savons, nous Wallons, combien le poids des institutions pèse sur le développement de la société et de la vie en commun. Cet Etat belge, sans doute pouvons-nous dire aujourd'hui qu'il souffre et qu'il a toujours souffert d'une malformation congénitale: celle de n'être pas né fédéral", a souligné Jean-Claude Marcourt.

"Nous en sommes aujourd'hui à six réformes de l'Etat, Etat devenu constitutionnellement fédéral. D'étape en étape, les Régions sont devenues les piliers de l'Etat belge. Leur champ de compétences s'est accru. Et tout pousse à penser que le mouvement va se poursuivre", a-t-il ajouté.

"La question aujourd'hui n'est pas de faire une 7e réforme avant une 8e et une autre sans doute. Il est temps de repenser le modèle belge en évitant de se retrouver dans un camp retranché, résistant à des coups de boutoir", a poursuivi le président du parlement. Selon lui, la Wallonie doit au contraire contribuer "positivement et fermement à l'élaboration d'un modèle cohérent afin de le rendre plus efficace et plus lisible pour les citoyens, tant au niveau fédéral que pour les entités fédérées".

"Cela devra également passer par un réexamen de la solidarité entre Wallons et Bruxellois francophones. Je dis cela sans fétichisme d'une institution au détriment d'une autre mais parce que je pense profondément qu'il y va de l'intérêt bien compris des citoyennes et des citoyens de Wallonie. Parce que le redressement entamé de notre Région, pour que ses habitants y vivent correctement, passe par une maîtrise accomplie des outils de ce redressement", a encore déclaré Jean-Claude Marcourt.

"La Wallonie a perdu trop de temps dans sa marche vers l'émancipation et le retour à la confiance qu'elle doit avoir en elle-même. Aujourd'hui et demain, forts des expériences passées et portés par l'enthousiasme et la volonté d'aller de l'avant, nous ne pouvons plus nous permettre les moindres atermoiements mais au contraire travailler, oser, inventer, entreprendre pour donner à notre population les atouts pour vivre dignement et librement", a-t-il conclu.