Les écologistes du nord et du sud du pays ont accusé mardi la ministre de l'Energie d'avoir menti sur la prolongation des réacteurs nucléaires de Doel 1 et Doel 2.

La ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem (MR), refuse de transmettre un contrat sur la prolongation de la durée de vie du réacteur nucléaire Tihange 1 à la Commission fédérale de Recours pour l'accès aux informations environnementales, qui estime que la ministre l'empêche d'effectuer son travail de "chien de garde" contrôlant la publicité des actes des autorités politiques.

Le précédent gouvernement a décidé de prolonger de 10 ans la durée de vie du réacteur Tihange 1 et a conclu début 2014 une convention en ce sens avec Electrabel (GDF Suez) et EDF Belgium. Mais ce texte n'a jamais été rendu public.

Un journaliste, Christoph Meeussen, collaborateur de l'agence Belga, a réclamé une copie de cette convention à Mme Marghem, qui est à la fois ministre de l'Energie et de l'Environnement. Mais elle a refusé de la fournir, ce qui a entraîné le dépôt d'un recours auprès de la Commission fédérale de Recours pour l'accès aux informations environnementales au nom de la loi du 5 août 2006 (BIEN: du 5 août 2006) relative à la publicité de l'administration.

Cette commission fédérale de recours, prend, en sa qualité d'instance de recours indépendante et neutre, des décisions sur l'accès aux informations environnementales. Ces décisions sont contraignantes, même pour un ministre.

Si un ministre refuse de publier un document, la commission peut le faire à la place du ministre, en entier ou partiellement.

Mais Mme Marghem refuse également de transmettre ce document à la commission, en dépit de trois "décisions intermédiaires" de la commission qui l'appelle à remettre le texte, dont la dernière donnait jusqu'au 20 avril pour le faire.

La commission estime qu'il s'agit d'une "méconnaissance d'une obligation légale" qui l'"empêche d'exécuter une tâche imposée par le législateur", selon M. Meeussen.

La ministre a dans le passé affirmé qu'elle ne pouvait transmettre le contrat en raison de son caractère "confidentiel". Mais la commission insiste pour sa part sur l'aspect confidentiel de la procédure d'appel.

La Commission fédérale d'accès aux documents administratifs, qui se charge des informations non environnementales - tout en ayant le même président et le même secrétaire que son homologue -, n'a pas davantage obtenu le texte de la convention, a ajouté le journaliste.