Ce vendredi, un troisième Codeco organisé en l'espace de trois semaines a resserré davantage la vis des mesures sanitaires. De nombreuses voix se sont déjà exprimées depuis lors pour dénoncer leur timidité ou leur incohérence. Une pétition en ligne a ainsi déjà récolté des milliers de signatures contre l'obligation du port du masque à partir de six ans.

Ce dimanche, experts et politiques sont revenus sur ces mesures lors de l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" sur RTL TVI. Le porte-parole interfédéral, Yves Van Laethem a souligné une nouvelle fois sa déception : "On regrette qu'un certain nombre de mesures n'aient pas été prises. Des événements restent par exemple permis alors qu'ils brassent toujours autant de monde avec le risque de transmission qui va avec". Il reste cependant positif quant à l'évolution des chiffres de l'épidémie dans notre pays. "Mais la bonne nouvelle c'est que, grâce aux précédentes mesures ou par l'évolution naturelle, les choses sont en train de se tasser. On espère qu'avec l'addition de ces 'mesurettes 'on aura un impact persistant sur les chiffres et un 4ème Codeco sans mesures supplémentaires".

La quatrième vague semble en effet avoir atteint un plateau la semaine dernière. Le mathématicien de la santé aux universités de Namur et d'Hasselt, Nicolas Franco, était présent pour le confirmer avec ses projections d'occupation des soins intensifs. "On s'attend qu'au niveau de Noël on soit dans une phase descendante, mais elles descendent lentement. La question est de savoir si on va rester à cette vitesse de descente ou si les mesures vont l'accélérer."


L'épidémiologiste Marius Gilbert s'est montré quant à lui plus critique. "Ce qui me frappe surtout c'est le manque de continuité lors des derniers mois dans les mesures. Ça part dans tous les sens, tout le monde est perdu. On envoie des signaux qui vont dans des sens complètement contraires à quelques semaines d'intervalle: tout va bien en Flandre on enlève les masques, tout va bien dans les lieux fermés si vous êtes vaccinés, puis quelques semaines après on arrête tout." Il déplore ainsi le manque de cohérence du gouvernement et les yoyos des politiques car il souligne que" les pays qui s'en sortent globalement mieux sont ceux qui ont le plus de cohérence et de continuité dans les mesures". C'est ce qui explique selon lui un sentiment de révolte dans la population comme le montre la manifestation contre les mesures sanitaires prévue ce dimanche à Bruxelles. "Comment se fait-il qu'après deux ans on en soit encore à constater en pleine crise qu'il y a des soignants qui sont épuisés, des soignants en burn out. C'est là que ça devient incompréhensible et que ça crée un sentiment de révolte comme on va le voir lors de cette manifestation à Bruxelles aujourd'hui".

La situation dans les écoles

Dès ce samedi, le masque est devenu obligatoire pour tous les enfants à partir de six ans. Tandis que l'enseignement secondaire se fera en mode hybride à partir de mercredi prochain, les écoles maternelles et primaires fermeront elles le 18 décembre. C'est trop tard estiment certains, comme Yves Van Laethem : " On ne s'arrête pas au bon moment. Bien sûr tout arrêter va servir mais ce sera déplacé dans le temps donc cela va moins facilement impacter la courbe actuelle".


La ministre francophone de l'éducation Caroline désir a répondu que les situations sur le terrain étaient très disparates. "Une fermeture généralisée de toutes les écoles c'est aussi fermer celles ou il n'y a pas ou peu de cas de covid pour le moment. C'est cela que l'on veut éviter. Si on fermait les écoles demain, on serait parti pour cinq semaines sans apprentissage et c'est difficile sur le plan pédagogique." Elle a ainsi appelé les parents à respecter ces mesures légales et a rappelé que les pouvoirs organisateurs et les autorités sanitaires peuvent décider de fermer une école pour des raisons sanitaires ou organisationnelles. "Il faut cibler ces cas-là."

Elle a ainsi lancé un appel aux parents dont les enfants vont devoir dès demain/lundi porter un masque pour aller à l'école. "Je demande aux parents de ne pas reporter leur colère contre les directions ou les enseignants. Ne mettons pas les enfants au centre de combats d'adultes", a insisté dimanche en télévision la ministre socialiste. "Respectez les règles, et ne reportez pas votre colère contre les directions ou les enseignants (...) Ils n'ont pas choisi cette mesure, ils s'y plient, comme moi", a-t-elle lancé. Caroline Désir estime aussi que "la culture du masque ne va pas se faire du jour au lendemain" et qu'une certaine compréhension est donc nécessaire.