La sortie de Jean-Marc Nollet ce mercredi sur les ondes de La Première a fait grand-bruit. Si beaucoup ont reproché au co-président d'Ecolo ses propos jugés "dangereux" , d'autres ont tout de même souligné qu'ils ont eu pour effet de remettre au centre du débat une mesure qu'ils jugent bien trop stricte. En effet, depuis plusieurs mois maintenant, les Belges doivent se soumettre à la règle de la bulle de 1. C'est-à-dire qu'ils n'ont droit qu'à un contact rapproché, voire deux pour les personnes isolées. "À titre personnel, je pense depuis le début qu'elle est irréaliste parce que trop contraignante", a réagi Marius Gilbert, interrogé par nos confrères du Soir.


Mais cela ne veut pas dire qu'elle soit inutile, selon l'épidémiologiste. En effet, "elle donne un cadre". Combinée aux autres mesures, elle a permis à la Belgique de conserver la situation épidémiologique sous contrôle à un moment où les variants ont entraîné d'importants rebonds dans les pays voisins. L'expert ne s'est toutefois pas montré défavorable à ce que l'on aborde le sujet, ce vendredi, au contraire: "C'est une vraie question à poser lors du prochain Codeco."

Un "moment charnière"

Mais il a toutefois mis en garde quant au signal qu'enverrait le politique si la bulle était assouplie. "C'est exactement le même phénomène qui s'est produit en septembre", a-t-il estimé auprès du Soir. Or, l'on sait ce à quoi ont abouti les mesures adoucies du mois de septembre: une seconde vague encore plus importante que la précédente. "Le risque aujourd'hui, c'est que les personnes qui s'en tenaient à un contact rapproché en aient cinq et que celles qui en avaient cinq en aient quinze", s'est inquiété l'épidémiologiste de l'ULB.

Il n'est pas le seul à s'être prononcé à la veille d'un nouveau Codeco très attendu. De son côté, Yves Coppieters a pointé que les autorités se trouvaient à un "moment charnière". "Un équilibre devra se faire entre une situation épidémique qui s'aggrave, ce que les Belges peuvent accepter, un peu d'ouverture structurée pour les jeunes et du testing qui devrait augmenter un maximum pour stopper les variants", a écrit l'épidémiologiste et professeur de Santé publique à l'ULB sur Twitter.



Cela fait déjà un certain temps que le scientifique plaide pour un allègement des mesures progressif. "On peut tout à fait se dire qu'au printemps, peu importe l'évolution épidémiologique, on lâche un peu de lest, mais avec des mesures particulières, comme le fait de servir uniquement en terrasse ou de limiter les heures d'ouvertures des restaurants. Je pense que c'est tout à fait raisonnable de procéder de la sorte", avait-il confié dans une interview à La Libre

Quid du couvre-feu ? 

Une autre mesure stricte en place depuis plusieurs mois est au centre des débats depuis un certain temps. Plusieurs voix s'élèvent en effet pour que soit revu le couvre-feu. Mais l'expert membre du GEMS, Marc Van Ranst, a douché les espoirs des Belges ce mercredi soir . Réagissant aux rassemblements observés dans plusieurs grandes villes du pays, le virologue de la KULeuven a estimé que le moment n'était pas propice à un assouplissement du couvre-feu. "Ces événements prouvent qu'il reste plus que nécessaire", a tranché M. Van Ranst auprès de nos confrères de Het Laatste Nieuws.