"Il est unique dans l'histoire de notre famille royale, et peut-être même pour toutes les familles royales des temps modernes, qu'une personne soit reconnue par un jugement de la cour comme enfant du roi. Dans ce cas-ci, que la justice assimile Delphine Boël aux enfants légitimes issus du mariage du roi Albert II et de la reine Paola", affirme Mark Van den Wijngaert, professeur émérite d'histoire contemporaine et expert de la royauté. À titre de comparaison, si les fils illégitimes du roi Léopold II et sa maîtresse Blanche Delacroix, alias la baronne de Vaughan, ont reçu des titres de noblesse, ils n'ont jamais été légalement reconnus et n'ont donc pas été assimilés aux enfants légitimes du mariage du roi de l'époque.

Mais que représente concrètement la reconnaissance de la nouvelle princesse de Belgique? Delphine aura-t-elle droit à une dotation? "Certainement pas", selon le professeur Van den Wijngaert. "Les dotations pour les enfants des rois sont appelées à disparaître. La princesse Astrid et le prince Laurent y ont encore droit en raison des devoirs de représentation du Roi qu'ils accomplissent, tels que les missions à l'étranger, mais je ne pense pas que la famille royale demandera un jour à Delphine d'assumer ces représentations. Seul l'héritier du trône peut prétendre à une dotation, c'est-à-dire la princesse Elisabeth."

Delphine pourra-t-elle utiliser le nom de famille "de Belgique", comme les autres enfants royaux ? "Cela devra être décidé juridiquement", répond M. Van den Wijngaert. "J'ai lu dans les textes des avocats de Delphine que leur cliente a l'intention d'utiliser le nom Delphine de Saxe-Cobourg. Ce qui est permis grâce à la reconnaissance."

Delphine de Saxe-Cobourg sera-t-elle la bienvenue à Laeken ? "Je ne pense pas", avance le professeur émérite. "Le prince Laurent est le seul a avoir tenté un rapprochement avec Delphine, probablement par récalcitrance, pour provoquer son père avec qui il était alors en conflit. Selon des rumeurs, le roi actuel aurait poussé son père à reconnaître Delphine afin de conclure l'affaire, qui donnait une image négative de la famille royale."