À Wavre, les marques des inondations de la semaine passée sont encore présentes. La boue, qui s’est répandue en même temps que les eaux, est encore visible à certains endroits et les containers remplis dans la rue principale laissent imaginer les pertes matérielles. Ici, on racle l’intérieur d’un salon de coiffure où la boue s’est immiscée dans la pierre, là, on arrache et jette un plancher irrécupérable après les inondations.

Sur le quai des Tanneries, qui longe la Dyle, Patrice salue son entrepreneur, venu constater les dégâts en attendant la venue de l’expert. Chez lui, l’eau est montée vite. Et haut.

© DEMOULIN BERNARD
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"Ça a fait comme une vague ", se rappelle le Wavrien. Une semaine plus tard, la maison est sèche et nettoyée. "Ça nous a pris trois jours. Ma famille et mes amis étaient là pour aider, mais aussi des inconnus. Cette solidarité a fait beaucoup de bien au mora l." Pour autant, la maison qu’il occupe depuis maintenant cinq ans n’est pas encore habitable. Des serpillières jonchent toujours le sol, un purificateur tourne dans le salon toute la journée et des torchons sèchent au milieu de la cuisine. L’électricité, elle, refonctionne à peine et tout l’électroménager doit encore être changé : de l’eau s’est introduite dans le lave-linge, le four et le frigo. Certains de ses meubles, comme son sofa, n’ont pas résisté à la montée des eaux. Sans expertise de l’assurance, Patrice ne sait pas encore dans combien de temps il pourra reprendre possession de sa maison, héritée de ses parents. En attendant, il reste chez son fils, lui aussi du côté de Wavre.

Dans le village d’à côté, à Grez-Doiceau, Massimo et ses filles sont occupés à nettoyer. Le garage, la terrasse et tout l’intérieur de la maison sont recouverts de boue.

© DEMOULIN BERNARD
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"J’étais en Italie quand les inondations ont frappé. Mon propriétaire m’a dit que de toute façon tout était foutu et qu’il valait mieux que je profite de la fin de mon séjour." Arrivé hier chez lui, il a pu constater l’ampleur des dégâts. Aucune pièce n’a été épargnée. Dans le salon, encore boueux, seuls quelques objets trônent sur une table. Une lampe, des montres, une plante et quelques babioles représentent le maigre butin épargné par la montée du Train. Tout son mobilier, lui, est à jeter comme deux de ses voitures. Son assurance lui permet de bénéficier d’une équipe de nettoyage pour la journée et de rester dans un hôtel pour cinq nuits. Mais l’après reste encore flou. "Je dois discuter avec mon assureur pour savoir si j’ai le droit à une relocation. Peut-être que je pourrais trouver une solution avec le propriétaire… " Le temps d’y voir plus clair, il peut compter sur un ami pour l’héberger.