Belgique Toutes les lignes seront finalisées en 2024 mais pour la L 124, Bruxelles-Nivelles, ce sera 2027… Voire 2030.

La semaine dernière, Infrabel remettait son plan d’entreprise 2016-2020 au ministre de la Mobilité, François Bellot (MR). Un constat alarmant en ressortait. En effet, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire doit assumer beaucoup plus d’économies que prévu, tout en recevant moins d’argent. Nous nous sommes donc posé la question : le RER sera-t-il bouclé pour 2025 ? Réponse : Oui… Et non.

Le ministre de la Mobilité, François Bellot (MR), nous l’assure : les lignes 36 (Bruxelles-Louvain), 50 A (Bruxelles-Denderleeuw), 96 (Bruxelles-Hal) et 161 (Bruxelles-Ottignies) seront bien terminées en 2024. Par contre, ceux qui attendent désespérément de pouvoir emprunter la ligne 124 (Bruxelles-Nivelles) - sur laquelle les travaux sont à l’arrêt complet - devront encore attendre un bon moment. Combien de temps ? "Elle sera terminée entre 2027 et 2030", nous révèle le libéral. Pas trop tôt quand on sait qu’à l’origine, la mise en service du RER était prévue pour 2012. Puis 2019, 2020 et enfin, 2025.

La L 124, bête noire du RER

Pourquoi cette liaison a besoin de plus de temps que les autres ? Tout simplement parce que son historique est bien plus complexe. L’équation du RER - et de la L 124 - peut se résumer en ceci : quand il y avait de l’argent, il n’y avait pas de permis et quand il y avait des permis, il n’y avait pas d’argent. Pas de permis, pas de travaux. Pas d’argent, pas de travaux. Pas de travaux, pas de RER. Vous voyez le topo ?

François Bellot a annoncé avoir enfin déniché de l’argent (lire plus loin). Mais aujourd’hui, le hic, c’est que certains permis d’urbanisme ont été cassés par le Conseil d’État (par exemple ceux de Linkebeek et Uccle), parfois à plusieurs reprises. Ils manquent donc encore à l’appel. "Pour chaque permis, il faut compter au moins 3 ans. Ça peut sembler long mais c’est normal", précise le cabinet Bellot. À noter aussi que cette ligne 124 est la moins développée du réseau avec seulement 30 % de voies posées.

Des étapes réparties dans le temps

Pour le reste, certains travaux d’urgence seront terminés d’ici la fin 2017. D’autre part, la mise à quatre voies de la ligne 50 A - Infrabel est occupé à renouveler les deux voies historiques - est prévue pour la fin de l’année suivante.

En outre, à l’horizon 2024, vous pourrez compter sur la quasi-totalité du réseau. Plusieurs points sont en effet à l’ordre du jour. Parmi eux, la réhabilitation de la gare d’Ottignies et le détournement vers Louvain-la-Neuve ou encore la modernisation et la pose des voies sur la totalité de la ligne 161 (pour l’instant, il en manque encore un tiers sur ce tronçon brabançon) afin de pouvoir relier les différents points de cette ligne, comme Braine-Alliance et Waterloo.

Un milliard pour le rail

Une des raisons qui explique le constant retard de la saga RER, c’est son financement mais aussi la clé de répartition 60/40 en faveur de la Flandre. Au niveau du rail, cela signifie que lorsqu’on y investit 100 €, 60 vont à la Flandre et 40 à la Wallonie. François Bellot a trouvé le milliard manquant pour enfin finaliser ce tentaculaire chantier qui, rappelons-le, a débuté en 2004. Sauf que le milliard salvateur n’échappe pas à ce package communautaire. Il ne faudra donc compter que sur 400 millions pour le RER wallon.

Cela sera-t-il suffisant ? Le ministre assure que oui, rappelant qu’il reste 228 millions dans le fonds RER plus 257 millions de préfinancements de la Région wallonne. Et que cette fois, c’est la bonne : le RER sera bien achevé. Et de souligner, au passage, que l’offre suburbaine, dite S, renforcée il y a quelques jours encore, vise aussi à faciliter la mobilité depuis et vers Bruxelles.



SNCB : Sophie Dutordoir tient la corde

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Fin de cette semaine, on saura enfin qui sera le successeur de Jo Cornu à la tête de la SNCB.

Rien n’est encore décidé mais il semblerait qu’on s’oriente vers le nom de Sophie Dutordoir, une Gantoise, ex-chef d’Electrabel et jadis collaboratrice du Premier ministre Wilfried Martens. Elle est évidemment soutenue par le CD&V mais aussi par le MR. Considérée par le chasseur de têtes comme la meilleure candidate, elle est prête également à se satisfaire du salaire plafonné à 290.000 euros.

L’arrivée d’une néerlandophone signifierait que le président de la SNCB, le MR Jean-Claude Fontinoy, un homme de confiance de Didier Reynders, pourrait continuer à siéger.

Dans ce scénario, le poids du CD&V deviendrait très important au sein de l’entreprise ferroviaire ce qui pousse la N-VA à réclamer des compensations, par exemple la présidence d’Infrabel.

Faute d’accord, l’heureux bénéficiaire pourrait être le francophone Olivier Henin ou un autre larron.