Maxime Prévot est revenu sur le dernier Comité de concertation et les mesures d'assouplissement annoncées. S'il est content que le Belge retrouve un peu de liberté, le président du CDH reste critique concernant la culture. "Progressivement, les choses rentrent dans l'ordre même si on restera un peu amer sur le temps qu'il a fallu pour déconfiner la culture. C'est difficile d'expliquer à des artistes que dans trois semaines on va pouvoir se retrouver à 400 devant un écran géant à s'embrasser à chaque fois qu'un goal des Diables rouges sera marqué alors que d'un autre côté, aujourd'hui, c'est toujours des jauges limitées à 50 personnes dans les théâtres, dans les salles de spectacle. Je crois que la culture a payé un lourd tribut, probablement en étant insuffisamment considérée durant cette crise. Alors même qu'elle aurait pu être un adjuvant essentiel pour la santé mentale de tout le monde."

Quand on lui demande si la culture a insuffisament été défendue, le bourgmestre de Namur répond: "En tout cas, on n'a pas entendu très haut ni très fort la ministre de la Culture [Bénédicte Linard, NDLR]. On me dira qu'elle a fait l'une ou l'autre sortie presse, qu'elle comptait probablement sur son leader porte-étendard du gouvernement de la Communauté française Mr Jeholet... Après je ne veux pas attaquer des personnes, mais je constate que la culture, l'événementiel qui ont crié haut et fort depuis de nombreux mois qu'ils avaient besoin d'expériences pilotes, celles-ci vont enfin arriver mais ça arrive trop tard. C'est en février qu'il aurait fallu faire ces expériences pilotes pour déconfiner".

Maxime Prévot tacle également le rôle joué par les autorités flamandes. "On a le sentiment quand même que le dernier Codeco a été un Codeco Tomorrowland. L'histoire de la gestion de la crise en Belgique a été une histoire de lobbying. Et le dernier en date: le puissant lobbying flamand pour permettre que Tomorrowland puisse se tenir. Quelque part, dans l'absolu, tant mieux. Mais il y a quand même une incohérence très forte entre ce qui est tout d'un coup autorisé à relativement brève échéance et les secteurs qui ont dû pâtir d'une série de décisions qui apparaissaient tout de même très strictes. Je pense qu'il y a parfois eu du deux poids deux mesures".