Yvan Mayeur (PS) était l'invité de Matin Première sur les ondes de la RTBF ce mardi matin. Le bourgmestre de Bruxelles a fait le point sur la situation dans la capitale en état de siège après une série d'alertes terroristes. "Fallait-il fermer les écoles? Nous avions un autre point de vue, mais nous suivons la décision", a déclaré Yvan Mayeur. "Nous pensions qu'on pouvait faire fonctionner les écoles. Qu'il fallait au contraire éviter que les jeunes soient dispersés dans la ville [...] On trouvait que l'école était un lieu plus sûr."

Et le bourgmestre de Bruxelles de déplorer la mise en place d'un "couvre-feu" à Bruxelles ces derniers jours. Il estime tout de même qu'"il faut faire confiance à l'ensemble des services et travailler à la traque de ces individus".

Concernant la sécurité des écoles, Yvan Mayeur assure que ses services travaillent "depuis la semaine dernière à des mesures spécifiques de protection". Il en profite pour faire appel aux autorités fédérales. Selon lui, "il nous faut 288 policiers du Fédéral" pour mettre en place un "périmètre de protection" autour des établissements scolaires.

"Pas un centime pour ça"

C'est alors qu'Yvan Mayeur charge Joëlle Milquet, la ministre en charge de l'Enseignement. Lundi, un courrier adressé aux directions des écoles primaires et secondaires évoquait une série de mesures de sécurité. Parmi elles, la création de "safe rooms", "pièces où tant les professeurs que les élèves pourraient se protéger en cas d’incident". Visiblement, le bourgmestre de Bruxelles n'est pas convaincu. "Je ne vais pas commenter les mesures proposées par Mme Milquet", dit-il.

Le bourgmestre précise malgré tout: "Il faut éviter l'hystérisation, rester raisonnable, travailler avec les gens dont c'est le métier et ne pas improviser des mesures dont on ne peut imaginer la première seconde qu'on puisse les appliquer. Nous n'allons pas construire des bunkers dans les écoles. Nous n'avons pas le premier cent pour ça. Donc il ne faut pas venir avec des propositions qui n'ont pas de sens."

"Recommandations classiques"

Dans la foulée de cette interview sur la Première, la ministre Milquet a réagi par voie de communiqué. Mme Milquet précise que "les recommandations de prévention de sécurité interne envoyées immédiatement dans les écoles la semaine dernière et hier [lundi] en vue de la réouverture relèvent des recommandations classiques de prévention professionnelles telles que recommandées dans les plans de prévention en Fédération Wallonie-Bruxelles et dans de nombreuses institutions autres".

Le principe des "safe rooms" existe aussi en France où elle sont désignées par le syntagme nominal "salles de confinement".

"La ministre de l’Education s’étonne dès lors des propos du bourgmestre de Bruxelles ce matin à ce sujet sur La Première semblant estimer peu sérieux cette recommandation alors qu’elle émane de sa propre police ! L’heure n’est pourtant pas aux polémiques et nous ne tenons pas nous à en faire une, juste à rectifier l’information", conclut le communiqué.