Au lendemain du rapport présenté par les trois médiateurs, la crise politique fait à nouveau la une des quotidiens samedi


BRUXELLES Sous le titre "Le rapport des trois sages déjà torpillé! Leterme revient...", une page blanche illustre par exemple le rapport des médiateurs en Une de La Libre samedi.

Le quotidien parle d'une "foire d'empoigne" autour du rapport des médiateurs royaux. "L'illusion a été de très courte durée. Il n'a fallu que quelques heures pour que l'apparente unanimité autour du rapport des médiateurs vole en éclat", écrit La Libre. "Si bien que l'on se retrouve pratiquement au point de départ, à la mi-juillet, lorsque tout paraissait bloqué".

Dans l'édito, Francis Van De Woestyne s'interroge sur l'avenir du futur dialogue institutionnel. Selon lui, il ne faut pas reprendre la négociation institutionnelle maintenant, la sérénité n'étant pas présente. Il serait "suicidaire" de négocier avant les élections de juin 2009, estime-t-il.

"La Belgique replonge dans le chaos", titre de son côté la une du Soir. Dans l'édito, Olivier Mouton parle d'une journée de vendredi "abracadabrantesque" au terme de laquelle le pays se retrouve "une nouvelle fois au bord du gouffre". Il compare ainsi le rapport à "un édifice aussi fragile que surréaliste". Il estime également que tout dialogue est impossible avant les élections. Enfin, il dénonce le rôle joué depuis un an et demi par la N-VA qui "mise de plus en plus clairement sur un pourrissement de la situation".

"La NV-A dit niet", c'est en ces termes que la Dernière Heure revient sur le rapport des médiateurs. Le quotidien expose les deux avis au nord comme au sud du pays: un rapport "insuffisant" pour les nationalistes flamands et un accueil "positif" chez les francophones. La Dernière Heure donne par ailleurs la parole au président du MR Didier Reynders qui estime que le rapport a été un "excellent travail qui doit permettre d'avancer dans une réforme institutionnelle".

"Celle-ci n'aura toutefois pas lieu avant 2010", tempère-t-il. Le journal l'Echo revient lui aussi sur le non de la N-VA. "La N-Va refuse le dialogue institutionnel", titre en Une l'Echo. Dans son édito, Christophe De Caevel fait preuve d'un optimisme mesuré: "Au bord du chaos... ou de la solution".

Pour lui, une réforme de l'Etat n'est pas impossible avant les élections régionales de 2009. "S'ils s'y mettent sérieusement, ils peuvent boucler une réforme en trois semaines. Et passer à autre chose", souligne-t-il. D'autant plus, note-t-il, que la population en ras-le-bol de ces discussions interminables qui "ne commencent jamais véritablement".

"Médiation close, la polémique renaît", titrent les quotidiens de Vers l'Avenir qui accordent samedi un vaste dossier aux quatre partis principaux francophones et aux élections de 2009. "En une page, les médiateurs avaient cru amorcer pour de bon un dialogue communautaire", souligne Vers l'Avenir.

Enfin, les quotidiens du groupe Sud-Presse reviennent sur la crise et le refus de la N-VA d'"ouvrir le dialogue". Sud-Presse revient sur la composition des négociateurs flamands et francophones si "les discussions débutent finalement". Sud-Presse relève le caractère "radical" de deux Flamands négociateurs: Geert Bourgeois "Le faucon" et Bert Anciaux "Le chien fou".

© La Dernière Heure 2008