C’est la “polémiquette” de ces 48 dernières heures. Le Souverain doit-il s’adresser à la Nation ? Lui envoyer publiquement un message de soutien, rassurant, en lien avec les attentats de Paris du 13 novembre et l’atmosphère anxiogène qui règne dans le pays depuis près de deux semaines ?

D’après les informations des nos confrères de La Libre, le roi Philippe lui-même n’y serait pas du tout opposé, mais il ne le fera pas. Voici pourquoi.

- Ce n’est pas le bon moment. Le Premier ministre Charles Michel (MR) – qui relit et approuve tous les discours royaux –, Philippe et son entourage ont constaté ensemble que l’heure n’est pas à l’émotion (le temps du Souverain), mais à l’action (le temps de l’exécutif).

- Les attentats ont eu lieu en France, pas en Belgique. Le drame a eu lieu à Paris, pas à Bruxelles. Les discours que le Roi adresse au peuple belge sont très séquencés : 21 juillet, Noël, et vœux à la Nation en janvier. Lorsque le Souverain sort de ce schéma, c’est en raison d’événements majeurs, concrets et – dirions-nous – palpables chez nous. Par exemple, en cas de graves inondations.

- C’est cynique de le dire ainsi, mais c’est la réalité : quelle posture pourrait bien adopter le Roi s’il lance un message rassurant et bienveillant au pays et que, quelques jours plus tard, un attentat meurtrier est commis sur le sol belge… ? Le gouvernement lui-même dit que la situation est grave. Philippe peut difficilement ramer seul à contre-courant.

- A la place d’un discours officiel, on pourrait imaginer que le Roi organise une visite de terrain. Par exemple, auprès des policiers ou des militaires. Mais là aussi ce n’est pas le moment. Le gouvernement a demandé d’éviter tous les rassemblements de foule, lesquels sont pourtant inhérents à chacune des sorties du Souverain. En plus, les policiers ont autre chose à faire pour le moment que d’assurer la sécurité autour d’un tel événement.

L’action discrète du Roi

Philippe, cependant, n’est pas resté les bras ballants. Un premier message de soutien et de compassion au peuple français a été envoyé le soir même des attentats via les réseaux sociaux. Ensuite, un message plus formel le lendemain adressé au président François Hollande. Le chef de l’Etat a aussi eu un contact avec le roi du Maroc dans le cadre de la collaboration entre les services de renseignement des deux pays; et il recevra le 1er décembre à Laeken des proches des victimes belges des attentats de Paris et de la prise d’otage du 20 novembre à Bamako (Mali). Parallèlement, “le Roi est informé de la situation, explique le Palais. Il a des contacts permanents avec le Premier ministre et les membres du Conseil national de sécurité.” Enfin, quand la situation se sera un peu apaisée, il effectuera très probablement une visite de terrain en lien avec les attentats et leurs conséquences.

Enfin, oui, Philippe prendra la parole. A coup sûr, en fin d’année, lors de son discours de Noël. Ce sera l’occasion de remercier la population et l’ensemble des forces de l’ordre. Avant, il s’exprimera seulement en cas de force majeure. Comprenez : si un drame survient en Belgique.