Initialement prévu vendredi dernier mais reporté en raison des inondations meurtrières qui ont frappé le pays la semaine dernière, le comité de concertation a adopté une "approche prudente", selon les termes mêmes du Premier ministre, pour la suite de la gestion de la crise sanitaire. "Nous avons la possibilité de réduire pas à pas les restrictions avec lesquelles nous vivons, confie Alexander De Croo. Mais les pays qui ont abandonné trop tôt les règles ont dû faire marche arrière. Et c’est la dernière chose que nous voulons faire."

Il faut dire que les derniers chiffres des contaminations, s’ils ne sont pas préoccupants, méritent toutefois une attention particulière. Les derniers chiffres publiés par Sciensano évoquent plus de 1 200 contaminations par jour dans la semaine du 7 au 13 juillet, soit 76 % d’augmentation par rapport à la semaine précédente. "La situation est incertaine et le nombre de contaminations augmente, mais nous nous y attendions, précise le ministre-Président flamand, Jan Jambon. Heureusement, cette hausse des contaminations ne se traduit ni par une hausse des hospitalisations ni pas une augmentation du nombre de personnes en soins intensifs. néanmoins, il ne faut pas crier victoire trop vite. On verra dans les prochaines semaines si la situation reste sous contrôle."

Le Codeco entend donc jouer la prudence. "On reste vigilant quant à la circulation du virus, mais nous ne voulons pas à ce stade revenir sur des décisions prises ces dernières semaines, indique Alexander De Croo. Nous maintenons une certaine prudence mais nous avons appris des erreurs du passé."

Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet abonde. "Si on a envie d’aller plus loin en matière d’assouplissements, il faut rester prudent, assure-t-il. Il ne sert à rien d’aller trop vite. La rentrée est particulièrement importante pour les écoles, pour l’enseignement obligatoire et dans le supérieur, mais également sportive et culturelle. Après autant d’efforts, il serait dommage d’hypothéquer la rentrée."

Si cette rentrée sera à suivre de près puisque, l’an dernier, elle avait fécondé la deuxième vague, le comité de concertation a tout de même pris quelques décisions.

La première concerne les voyages, avec de nouvelles dispositions pour les personnes qui reviennent d’un pays où le variant delta se propage à grande vitesse, comme en Espagne. À leur retour sur le sol belge, les voyageurs qui ne sont pas totalement vaccinés devront impérativement effectuer un test PCR le jour même (à réserver avant de revenir, donc) et se mettre en quarantaine jusqu’à l’obtention du résultat. Si le test est négatif, le voyageur pourra stopper sa quarantaine. S’il est positif, une quarantaine de dix jours s’imposera. Peu importe le résultat du premier test, tous les voyageurs devront également effectuer un deuxième test le 7e jour de leur retour en Belgique et, si celui-ci s’avère positif, ils devront se remettre en quarantaine pour une durée de dix jours.


Par ailleurs, le comité de concertation a décidé d’augmenter les contrôles dans les aéroports et dans les gares, notamment pour s’assurer que les voyageurs qui reviennent en Belgique ont bien rempli le Passenger Locator Form et qu’ils sont en possession du certificat Covid numérique.

La deuxième décision prise par le comité de concertation concerne l’organisation d’événements de plus de 1 500 personnes en extérieur.

Dès le 13 août prochain, le Covid safe ticket - une sorte de pass sanitaire - sera d’application pour de tels événements. Pour un festival ou un match de football, par exemple. Tout le monde ne pourra toutefois pas en bénéficier, le Covid safe ticket est soumis à plusieurs conditions : soit être vacciné deux doses + 14 jours ; soit avoir un test PCR négatif de 48 heures maximum ; soit avoir la preuve d’un rétablissement du Covid. Les tests antigéniques, jugés moins fiables, ne seront pas autorisés pour l’obtention du Covid safe ticket. "Cette formule ne sera autorisée pour les événements en intérieur de plus de 1 500 personnes qu’à partir du 1er septembre", précise Jan Jambon.

Un nouveau comité de concertation devrait se tenir au plus tard le 15 août prochain. Il devrait permettre de nouveaux assouplissements si la situation sanitaire ne se détériore pas.