Charles Michel (MR) réagit vivement après l’autorisation donnée par Bart De Wever (N-VA) pour une manifestation néofasciste

ANVERS “La N-VA révèle son vrai visage.” “Le dérapage de ces dernières semaines se confirme.” “Une attitude lamentable.”

C’est avec beaucoup de fermeté que le président du MR Charles Michel a condamné, dans un communiqué diffusé samedi, une décision prise par son homologue de la N-VA Bart De Wever. Sous sa casquette de bourgmestre d’Anvers, celui-ci a autorisé la tenue d’une manifestation le 1er mai prochain de la N-SA (l’Alternative Nationale-Solidariste), un mouvement néofasciste… Selon De Morgen , son leader a déjà été condamné pour haine raciale…

M. Michel, vous parlez d’une “nouvelle dérive”. Il y en a donc eu d’autres…

“Je pense, par exemple, à l’attitude de Bart De Wever à l’égard des homosexuels ou cette discrimination flagrante entre Européens étrangers pour l’accès à des documents d’identité. C’est la démonstration qu’il y a un point commun entre toutes les prises de position de la N-VA : celui d’opposer les uns aux autres, d’opposer les communautés. Cette fois-ci, il autorise une manifestation néofasciste dans le quartier anversois de Borgerhout qui est connu pour sa diversité culturelle.”

Quand Bart De Wever appelle à voter pour le MR, c’est un cadeau empoissonné ?

“Je n’ai pas besoin de lui pour convaincre que le MR a un bon programme. Avec de telles déclarations, il cherche en fait à décrédibiliser le MR pour renforcer le PS. De la sorte, il pense pouvoir renforcer son propre parti. C’est le jeu des meilleurs ennemis.”

D’un point de vue socio-économique, N-VA et MR sont pourtant des alliés objectifs…

“Ce n’est pas parce que la N-VA reprend des points de programme du MR que nous allons tourner le dos à nos valeurs. Et je ferais remarquer qu’en matière d’emploi, de modernisation des retraites, de chômage, nous sommes assez proches de tous les partis flamands, SP.A y compris.”

Selon vous, la N-VA est un parti d’extrême droite ?

“Elle a posé à plusieurs reprises le pied sur la frontière avec l’extrême droite.”

Faut-il alors dresser un cordon sanitaire autour d’elle ?

“On verra comment évoluera le parti et on prendra attitude.”

Après Benoît Lutgen (CDH), vous êtes le second président de parti francophone à avoir des mots très durs contre votre homologue de la N-VA. N’est-ce pas déjà compromettre un éventuel dialogue avec lui en 2014 ?

“En politique, il est nécessaire de dire les choses franchement. Le politologue anversois Dave Sinardet dit que Bart De Wever utilise les solutions libérales comme moyen pour arriver à son but ultime : l’indépendance de la Flandre. À cet égard, les déclarations de Geert Bourgeois sont l’autre événement majeur du week-end (voir ci-contre). Cela va permettre d’avoir un débat plus clair en Flandre. Et je ne suis pas certain que ces propos ont reçu l’aval de Bart De Wever, qui sait très bien que son électorat n’est pas majoritairement séparatiste.”

Et donc ? Que fait-on en 2014 ?

“Ce débat est virtuel. Voyons après les élections.”



© La Dernière Heure 2013