Belgique

Environ 120 emplois sont concernés

BRUXELLES Les parcs Mini-Europe et Océade fermeront définitivement leurs portes le 31 août 2013, a annoncé mardi Thierry Meeus, administrateur général des deux parcs, à l'issue d'une assemblée du personnel.

Environ 120 emplois sont concernés par cette annonce. Par une lettre du 15 janvier dernier, Brussels Expo a confirmé la fin de la concession d'exploitation des deux parcs pour le 31 décembre 2013, a expliqué Thierry Meeus.

"Nous avons donc averti aujourd'hui notre personnel de l'intention de fermeture et de l'application de la loi Renault", a-t-il poursuivi très ému tout en remerciant, le personnel avec lequel il a collaboré durant plus de 25 ans.

Il était à un certain moment question de délocaliser Mini-Europe à Courtrai ou à Braine-l'Alleud. "Malgré de nombreux contacts, ce sont deux projets qui ne se feront pas, étant donné les investissements financiers nécessaires", répond Thierry Meeus.

Après observation de la procédure de la loi Renault, la direction d'Océade et de Mini-Europe se conformera aux clauses du contrat de concession et devra vraisemblablement procéder au démantèlement des deux parcs. Une opération qui devra être terminée au plus tard le 31 décembre 2013 et à l'issue de laquelle le terrain devra être remis dans son état d'origine, aux frais des deux parcs.

A cette date, le village de Bruparck devra lui aussi être démantelé. Seul le complexe cinématographique Kinepolis, qui dispose d'un contrat courant jusqu'en 2025, subsistera. Au total, ce sont donc près de 400 personnes qui sont concernées par le démantèlement de Bruparck et de ses attractions touristiques.
"Pourquoi nous demander de partir pour la fin de l'année alors que le projet immobilier NEO, qui ne se construira pas en deux ans, ne dispose pas encore de permis de construire et que les plans d'affectation du sol n'ont pas encore été modifiés ? ", s'interroge Thierry Den Doncker, directeur d'Océade.


La direction des deux parcs entend néanmoins proposer un service optimal aux visiteurs jusqu'au 31 août inclus.

Une nouvelle maquette, celle de l'église Saint-Marc de Zagreb, rejoindra ainsi les 350 autres présentes sur le site à la fin du mois de juin afin de célébrer l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne.

Le sort de ces maquettes est encore incertain à l'heure actuelle. "Il est possible que nous les vendions à l'étranger, et il y a une piste qui nous mène vers le Monténégro. Mais rien de très concret pour l'instant", précise Philippe Steenbergen, directeur marketing et des ventes des deux parcs.


Plus de 240.000 personnes visitent chaque année Océade, tandis qu'ils sont plus de 360.000 à se rendre à Mini-Europe par an. Ce dernier parc rouvrira ses portes au public le 16 mars prochain.

Le personnel en colère

"Alors qu'en pleine période de crise, nous avons deux parcs pourvoyeurs d'emplois, qui font des bénéfices, autonomes financièrement et qui auraient tout à fait pu être intégrés au projet immobilier NEO (qui prévoit un réaménagement du plateau du Heysel et le développement de nouvelles infrastructures dont un centre de congrès, un centre commercial et des logements, ndlr), le pouvoir politique y met fin", déplore Patricia Van Campenhout, responsable des ventes internes. Ce parc étant la 1ère attraction touristique payante de la capitale, le personnel ne comprend pas cette mauvaise volonté politique et exige une proposition acceptable de la part de la ville de Bruxelles afin de trouver une solution "responsable et honorable pour tous".


La Ville et la Région réagissent

Les exploitants de Mini-Europe et d'Océade n'ont jamais désiré s'inscrire dans le projet NEO de reconstruction du plateau du Heysel, malgré de nombreuses portes ouvertes, ont affirmé mardi les cabinets du ministre-président bruxellois Charles Picqué et du bourgmestre de la Ville de Bruxelles Freddy Thielemans.

La Ville et la Région ont déjà avancé cet argument au cours des derniers mois, alors que les exploitants faisaient planer une menace de départ à l'extérieur de Bruxelles.

Les cabinets de MM. Thielmans et Picqué ont ajouté qu'avec NEO, les autorités de la Région et de la Ville entendent offrir un vrai projet urbanistique et architectural cohérent et structurant, un développement économique nécessaire, de nouvelles activités modernes de loisirs et d'infrastructures sportives, des logements, des espaces verts esthétiques et de qualité, ...
Selon eux, le projet est porteur de quelque 3.000 emplois.

Les concessions qui lient Mini-Europe à la Ville de Bruxelles ont pris fin en décembre 2010. "Le projet de réaménagement du Plateau du Heysel étant lancé, et aucune disposition n'ayant été prise par ces concessionnaires pour préparer la fin contractuelle de leur activité, il a été convenu de prolonger leur concession jusqu'en août 2013 pour leur permettre de préparer leur avenir, et leur collaboration au projet NEO", ont souligné les deux cabinets.

Dans cet intervalle, des marchés publics pour remplir les différentes fonctions désirées par la Ville et la Région. Trois candidats sont encore en lice.

"Les exploitants ont eu quatre années pour s'intégrer aux futurs aménagements, voulus par les autorités bruxelloises, en s'associant avec ces candidats. De manière légitime mais qui doit être assumée, les exploitants ont fait d'autres choix, en essayant de vendre leur activité au plus offrant, Waterloo, Courtrai ou le Monténégro", ont enfin tenu à dire les cabinets de MM. Thielemans et Picqué.

© La Dernière Heure 2013