L’accusation est sans doute un peu trop grossière pour être vraie. Il n’empêche que le Parti populaire et son président Mischaël Modrikamen cultivent quelquefois l’ambiguïté.

La polémique est née hier suite à un e-mail envoyé aux rédactions par un ancien du PP. Dans cet e-mail nommé La petite gazette du Parti Populaire, il dénonce la participation top secret de Modrikamen à un congrès qui s’est tenu le 9 juillet dernier au Parlement européen : "Le lundi 9 juillet 2012, à l’initiative du Vlaams Belang se tenait dans une salle du Parlement Européen à Bruxelles (personnellement réservée au greffe par le député VB Philip Claeys) la réunion fondatrice de l’ICLA (International Civil Liberties Alliance) réunissant tous les partis et organisations d’extrême droite européenne dans la lutte contre la présence de l’Islam en Europe. La dérive fascisante ira crescendo au PP jusqu’au soir du 25 mai 2014 : le parti est tellement démonétisé chez ses anciens électeurs que la chasse aux votes frontistes est la seule planche de secours du Churchill de l’avenue du Houx."

Nous avons contacté le président du PP afin qu’il puisse se défendre de ces attaques : "C’est encore un coup de Mungo (NdlR : Aldo-Michel Mungo, ancien du PP et porte-parole du petit parti nommé la Droite). Il y a une nouvelle fois 5 % de vrai et 95 % de divagations. J’ai participé à cette réunion de l’ICLA, une association qui a comme mission de se battre pour les libertés fondamentales. Il est vrai qu’un des objectifs est la lutte contre l’islamisation en Europe mais ce n’était en rien une réunion d’extrême droite. Je suis resté quelques heures et je reparticiperais à cette réunion. Je ne sais même pas s’il y avait des membres du Belang", explique Mischaël Modrikamen qui tient à préciser que son parti n’est en rien un parti d’extrême droite.

"Nous nous situons à la droite du MR qui est au centre. Nous sommes proches sur certains points de l’UDC Suisse qui est présenté comme populiste mais qui est un parti de pouvoir. Nous sommes proches économiquement de la N-VA et du UKIP de Nigel Farage (Angleterre). Je ne cache pas non plus être allé voir Marine Le Pen, mais je ne fais pas d’alliance avec le FN français. Si c’était le cas, vous pensez bien que je le dirais. J’ai des divergences avec elle."

Précisons enfin que si cette fameuse réunion de l’ICLA à Bruxelles du 9 juillet ne peut sans doute pas être identifiée comme une réunion d’extrême droite, certains intervenants sont plus que spéciaux. Citons, par exemple, le père Samuel qui a déclaré lors de cette réunion qu’"Une mosquée en Europe, c’est pire que le nucléaire… Un enfant musulman bien islamisé, c’est une bombe à retardement contre les petits enfants européens". Des propos plus que tendancieux, même s’il ne faut pas réduire l’ICLA à ça.