Abusé par un prêtre alors qu'il était enfant de choeur, Joël Devillet reproche à Monseigneur Léonard sa passivité


NAMUR Me Pierre Chomé, conseil de Joël Devillet, abusé par un prêtre alors qu'il était enfant de choeur, a accusé Mgr Léonard, évêque de Namur, et son évêché d'avoir fait preuve de passivité à l'égard de la situation de son client et de l'attitude du père Hubermont. L'a&ffaire était plaidée, jeudi, devant le tribunal civil de Namur.

Me Chomé a également précisé que, malgré l'intervention du tribunal ecclésiastique, qui a officiellement reconnu les abus sexuels, l'auteur des faits a récidivé et il a fallu attendre 2009 pour que ce dernier soit définitivement écarté du milieu ecclésiastique.

L'avocat a aussi souligné que, lorsque son client a dénoncé les faits auprès des autorités de l'Eglise, la peur du scandale a amené celles-ci à lui demandé de ne pas s'adresser aux autorités judiciaires. Selon lui, son éviction du séminaire, en 1997, sous prétexte qu'il entretenait une relation avec un autre séminariste, n'est rien d'autre qu'une forme de représailles.

Aujourd'hui, la victime demande réparation de son préjudice qu'elle estime financièrement à 5.000 euros. Pour la partie adverse, Me Malherbe a souligné que l'abbé Hubermont a été interpellé par l'évêque et relevé de sa paroisse. Il s'est également engagé à poursuivre une thérapie et à ne plus se trouver en présence d'enfants sans adultes. Cependant, il n'a pas respecté ses engagements et, le 5 mars 2001, l'évêque a pris une mesure en mettant un terme à la carrière canonique de l'intéressé.

Cette décision a eu des conséquences dont la perte de tout traitement dès le mois d'avril suivant. Pour l'avocat, le comportement de l'évêque vis-à-vis de l'abbé Hubermont n'a donc pas été si passif que ce que la victime affirme.

Me Malherbe a aussi précisé qu'après 1991, alors que Joël Devillet était majeur, ce dernier a continué à se rendre chez l'abbé Hubermont afin d'entretenir des relations sexuelles avec lui. Or, aux yeux de la loi, ces relations n'étaient désormais plus prohibées. Quant à son éviction de la victime du séminaire, elle est justifiée, selon l'avocat, par le fait que M. Devillet ne présentait pas les garanties d'équilibre nécessaires pour accéder à la prêtrise.
Pour Me Malherbe, il n'y a pas de préjudice.

© La Dernière Heure 2009