Belgique

N-VA et CD&V se sont retrouvés dimanche au cœur d'une nouvelle passe d'armes à propos des réformes socio-économiques de l'actuel gouvernement, comparées à celles du gouvernement Di Rupo à l'aune du rapport annuel de la Banque nationale.

N-VA et CD&V se sont retrouvés dimanche au cœur d'une nouvelle passe d'armes à propos des réformes socio-économiques de l'actuel gouvernement, comparées à celles du gouvernement Di Rupo à l'aune du rapport annuel de la Banque nationale. Le chef de groupe N-VA à la Chambre Peter De Roover a souligné la césure opérée par l'actuel gouvernement en matière d'emploi alors que la coalition précédente avait selon lui "dopé" les chiffres en promouvant l'emploi public, une action lourde de conséquences pour les générations futures. Le député CD&V Hendrik Bogaert, qui avait été secrétaire d'Etat à la Fonction publique, a contesté cette analyse en soulignant que l'emploi public avait diminué sous le gouvernement Di Rupo. Il a en revanche renvoyé le chef de groupe nationaliste à une autre "césure" actuellement constatée par la BNB, le stop à l'assainissement des finances publiques. Pour Peter De Roover, le gouvernement Di Rupo avait veillé à "une création artificielle d'emplois" dopée par un gonflement dans la fonction publique. "Il a ainsi donné le sentiment d'être passé à travers la crise" tout en "renvoyant la facture à plus tard". En 2015, "pour la première fois en dix-sept ans, l'emploi public direct a diminué", s'est félicité Peter De Roover dans une contribution au Standaard.

Cette saillie a fait réagir Hendrik Bogaert au quart de tour sur son blog. La diminution de l'emploi dans la fonction publique était clairement à l'oeuvre sous le gouvernement Di Rupo, avec une baisse de 4.500 personnes, a souligné le député CD&V. "Ce gouvernement a bravé une grève et des manifestations mais la diminution de l'emploi public aura permis d'économiser structurellement 300 millions d'euros qui ont pu être injectés en baisses de charges. Pas de tax shift mais une vraie baisse de charges", a-t-il répondu, cinglant.

Montant un peu plus dans les tours, Hendrik Bogaert a observé que le réel problème soulevé par la Banque nationale était celui de l'assainissement des finances publiques, engagé en 2012 et 2013 mais au point mort depuis. "On peut malheureusement parler ici d'une véritable césure", a-t-il constaté, jetant une pierre dans le jardin du ministre N-VA des Finances Johan Van Overtveldt. "La politique d'emploi dans la fonction publique du gouvernement Di Rupo ne peut être utilisée comme argument en l'espèce. Il y a d'ailleurs eu une baisse marquée plutôt qu'une hausse. Les causes des mauvais résultats budgétaires sont à chercher ailleurs. Une analyse complémentaire s'impose", a conclu l'élu démocrate-chrétien à quelques encablures du prochain contrôle budgétaire.