Belgique Najim Laachraoui - alias Soufiane Kayal -, toujours en fuite, a voyagé sans encombre de la Syrie à Bruxelles.

Najim Laachraoui a été identifié hier par les enquêteurs. Il a déjà fait l’objet d’un avis de recherche peu après les attentats. La seule chose que les enquêteurs savaient alors, c’était qu’il utilisait le faux nom de Soufiane Kayal, qu’il avait été récupéré avec Salah Abdeslam en Hongrie en septembre dernier, en compagnie de Mohamed Belkaid (l’homme abattu à Forest la semaine dernière) et que son passeport a été utilisé pour louer la planque terroriste située à Auvelais

Plus tard seulement , la police a découvert qu’il était resté à Bruxelles au moment des attentats et que ces deux-là coordonnaient les auteurs des attentats sur le terrain par téléphone.

Ce qui interpelle aujourd’hui, c’est la durée qui a été nécéssaire pour que sa véritable identité soit connue. Parce que les enquêteurs connaissaient depuis longtemps Najjim Laachraoui (24 ans), né au Maroc et ayant grandi à Schaerbeek. Il avait été jugé par défaut au cours du procès de la filière syrienne, en même temps que les autres terroristes de Paris, Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh. L’homme s’est rendu en Syrie en février 2013. Et comme il supervisait sur place l’arrivée des nouvelles recrues, le procureur avait demandé une peine de 15 ans de prison à son encontre. Le jugement du 3 mai est allé dans ce sens.

Le 18 mars 2014, un mandat d’arrêt international a été délivré à l’encontre de Laachraoui. Mais cela ne l’a visiblement pas empêché de revenir en Belgique. Il est certain qu’il se trouvait dans l’habitation de Schaerbeek où les bombes pour les attentats de Paris ont été fabriquées. Et le fait que son ADN ait été retrouvé sur deux des ceintures d’explosifs utilisées suggère maintenant qu’il était l’artificier des attentats de Paris.

Il avait probablement les connaissances pour cela : après ses études à l’Institut de la Sainte Famille d’Helmet à Schaerbeek, il a opté pour l’électromécanique dans l’enseignement supérieur.

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