Les libéraux perplexes face au dossier Drogue

WAVRE Il y a encore quelques mois, Charles Michel, devenu depuis ministre wallon de la Fonction publique, ne désespérait pas de convaincre son père sur la question de la dépénalisation du cannabis. Samedi, il se disait pourtant `embarrassé, surtout en ce qui concerne la mise en pratique de ce dossier´.

C'est que, comme deux cents libéraux, il venait de prendre part, à Wavre, à un comité permanent sur la question. L'occasion d'entendre les explications du professeur Pelc, de l'hôpital Brugmann, et du criminologue de l'UCL Dan Kaminski. Et ce, afin de permettre au parti de se forger une position définitive attendue pour ce lundi.

Pour la députée fédérale Jacqueline Herzet, la question se pose en ces termes: `Trouver l'euphorie dans un dancing avec un joint à 80 F (1,98 ) vaut-il mieux que d'y arriver avec un verre de bière à 200 F (4,96 )? C'est vrai que c'est une question qui ressortit à la vie privée, mais est-ce que les parents dont les jeunes se droguent seront d'accord avec une dépénalisation du cannabis? Je pense que la loi se devra d'être là pour protéger les mineurs et les personnes qui ne savent pas comment ne pas aller trop loin.´

Oui, comment ne pas aller un joint trop loin à une époque où sont importantes les campagnes de sensibilisation contre le tabac ou l'alcool? Pour Frédéric Janssens, futur président du CPAS de Wavre, `le cannabis est sans doute une des substances les moins dangereuses, mais elle peut donner lieu à des dérives. Un peu comme lorsqu'on passe de trois bières à une bouteille de whisky par jour.´

Le bourgmestre d'Anderlecht, Jacques Simonet, estime cependant qu'il `faut sortir de l'hypocrisie actuelle, avec des parquets qui poursuivent et d'autre pas. Et ce, en restant profondément libéral, mais en exerçant une coordination sur les plans économique et de santé pour maintenir l'ordre public.´