Belgique

Les ventes de Voo, Win et Elicio, filiales de Nethys, ont bel et bien été réalisées et leur annulation entraînera des actions en justice, a averti jeudi Muriel Targnion, présidente du conseil d'administration d'Enodia, maison-mère de Nethys, sur les ondes de Bel-RTL. Dimanche, le gouvernement wallon a annoncé qu'il avait pris trois arrêtés cassant les ventes, par Nethys, des parts de cette dernière dans le câblodistributeur Voo, la société d'énergie éolienne Elicio et la firme de services informatiques Win.

"Le ministre (des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne) a annulé l'acte administratif pris par le conseil d'administration de Nethys mais les ventes sont bien réalisées et si on veut les annuler, on devra aller en justice et on aura un chaos judiciaire", a déclaré Mme Targnion, également bourgmestre PS de Verviers.

Enodia se fonde sur un rapport demandé à un cabinet d'avocats et à un bureau de réviseurs d'entreprises avant la décision de dimanche. Il en ressort que les ventes ne sont pas entâchées par un conflit d'intérêts et se sont faites "à la bonne valeur". "J'en ai l'intime conviction", a ajouté Mme Targnion.

La présidente d'Enodia a également confirmé que l'indemnité de départ des membres du comité de direction de Nethtys (Stéphane Moreau, Pol Heyse, Jos Donvil, Bénédicte Bayer et Frederic Vandeschoor) tournerait autour des 500.000 euros, conformément aux décrets wallons.

"Il n'y a aucune faute grave qui a pu être relevée jusqu'à présent", a souligné Mme Targnion, précisant que le CA de Nethys avait salué le travail fourni par la direction.

En 15 ans, le nombre de personnes employées par cette structure d'origine intercommunale est passé de 1.000 à 3.000 et sa valeur d'un milliard d'euros a été triplée, a-t-elle expliqué.

Le dossier Nethys est au centre d'une controverse politique et médiatique depuis plusieurs années, donnant parfois l'impression d'une région liégeoise en conflit avec les reste de la Wallonie. Il y a une "incompréhension", estime la bourgmestre de Verviers.