Il y a plus d'un an, ce couple est parti à la découverte de la Nouvelle-Zélande. Une magnifique expérience qui vire cependant au cauchemar depuis la pandémie de coronavirus.

Depuis plusieurs mois, Noémie et Mathias parcourent en long et en large la Nouvelle-Zélande afin d'y découvrir des paysages paradisiaques et de vivre une expérience hors du commun tout en trouvant des petits jobs tout au long de leur trajet afin de pouvoir subvenir à leurs besoins. Mi-février, le couple décide de réserver des billets d'avion pour organiser leur retour dans notre plat pays. La pandémie de coronavirus n'est qu'à son commencement en Asie, les déboires du jeune couple débutent, eux aussi, dans le même temps.

"Nous avions travaillé tout l'été (Ndlr: l'hiver chez nous) pour avoir des économies et nous avions également vendu notre van dans lequel nous vivions par moments lors de nos escapades. Avec cet argent, cela nous permettait de réserver notre vol. Comme le coronavirus débutait en Asie, nous avions pris des vols qui ne passaient pas par ce continent afin d'éviter le moindre souci. Nous avions dès lors trouvé une escale en Australie mais à notre grande surprise, lorsque nous nous sommes rendus à l'aéroport le 21 mars dernier, nous n'avons pas pu monter dans l'avion car l'Australie venait de fermer ses frontières à toutes les personnes qui ne résidaient pas dans le pays", explique Noémie.

4000 euros partis en fumée

Bloqué à l'aéroport, le couple s'est dès lors retrouvé sans solutions. "Vu que nous avions acheté nos billets via un site en ligne et non pas directement auprès de la compagnie, nous n'avons pas eu droit à un remboursement des tickets d'avion qui représentent près de 4000 euros pour nous deux", indique Mathias qui ne se doutait pas qu'il s'agissait du début du cauchemar. "Nous avions tout vendu et notre visa de travail expire le 30 mars prochain. Nous ne pouvons donc plus travailler du tout et nous devons faire une demande de visa de touriste d'ici-là pour être en toute légalité dans le pays. Mais même là, nous ne pourrons toujours pas travailler."

La Nouvelle-Zélande a annoncé il y a quelques jours un confinement d'une durée de minimum 4 semaines, ce qui n'arrange pas du tout le couple. "Nous vivons dans une collocation qui nous coûte 200 euros par semaine. Le coût de la vie est plus cher qu'en Europe. Du coup, nous dépensons toutes nos économies sans rien gagner. Nous avons de quoi tenir un mois encore. Si cela se prolonge, nous allons très sûrement être à la rue alors que nous devons encore prévoir de l'argent pour acheter nos billets de retour vers la Belgique une fois que la situation sera rétablie. Pour l'instant notre frigo est rempli et nous sommes au chaud mais cela ne pourra pas durer encore longtemps vu le peu d'économies qu'il nous reste. Le but de notre voyage était justement de travailler pour nous permettre de visiter le pays." 

Chaque jour, ce couple contacte le consulat belge mais aucune aide n'est disponible. "Le consulat nous renvoie vers l'immigration en Nouvelle-Zélande. Quand on appelle l'immigration en Nouvelle-Zélande, le service nous revoie vers le consulat belge. C'est du ping-pong depuis plusieurs jours et personne ne sait nous aider au final." 

Le sort s'est un peu acharné sur Mathias et Noémie. "Si notre visa de travail était encore valable le 1er avril, il aurait automatiquement été prolongé de 6 mois sauf que le notre se termine le 30 mars. Avec un visa prolongé, comme nous travaillons depuis un an dans le pays, nous aurions reçu des subsides du pays à hauteur de 600 dollars en guise de chômage économique. Finalement, nous n'y avons pas droit pour une question d'un jour", regrette Mathias. "Peu de temps après avoir été refusé sur notre vol, des rapatriements ont été autorisés durant 72 heures mais nous ne savions plus prendre l'avion car notre vol avec nos correspondances étaient déjà terminées." 

Aucune solution ne se dégage donc pour le couple qui tente de relativiser malgré la situation. "Nous remplissons des formulaires tous les jours, nous expliquons notre situation via l'application TravelersOnline mais rien ne bouge pour le moment. Nous attendons un petit miracle chaque jour. Un visa exceptionnel va peut-être voir le jour pour nous permettre de travailler un peu mais rien n'est sûr. La population commence également à se méfier des touristes dans le pays. Nous sentons les gens beaucoup plus distants, cela devient embêtant."