Belgique Le cri d’alarme d’un syndicaliste militaire.

"Une équipe de mini-foot qui est obligée dans l’urgence de jouer sur un grand terrain et dont on attend des résultats spectaculaires sur tous les fronts - championnat, Coupe, et compétition européenne".

C’est ainsi qu’Yves Huwart, du syndicat militaire ACMP-CGPM, décrit la situation de notre armée.

L’opération Vigilant Guardian a débuté en janvier 2015. Deux ans après, il y a encore 1.100 militaires en rue - 700 de moins qu’au plus fort de la crise.

"Quelle instance prendra la décision de supprimer ces mesures de sécurité ? Cela peut encore durer des mois sinon des années. Et entre-temps, le reste de l’appareil militaire continue à tourner. L’armée de l’air et la marine sont nécessaires, les services d’appui, le déminage : on ne peut pas s’en passer".

À l’étranger sont stationnés 500 militaires. Mais il en faut cinq fois plus pour les relever et les entraîner. "Ici aussi en Belgique, nous avons besoin de 6.000 soldats pour en aligner 1.000. Entre-temps, la moitié de nos missions d’entraînement et de formation sont supprimées ou reportées."

"On ne peut pas continuer comme ça", poursuit Yves Huwart. "L’âge moyen de nos troupes est de 40 ans. Dans dix ans, la moitié de notre armée partira à la pension. Comment y faire face?"

"Nous sommes sur les dents parce qu’il n’y a pas de choix structurel qui est effectué. En principe, nous devons fournir notre capacité maximale lors d’une grande crise mais ce n’est plus le cas. L’armée a été réduite de 48.000 hommes en 2000 à 30.000 aujourd’hui. Cela se produit au détriment de la sécurité. C’est simple : si la semaine prochaine, nous avons affaire à des terroristes qui se comportent de façon moins amateur, commandent cette fois le bon taxi, déclenchent tous leurs explosifs et se livrent à une vague d’attentats, nous n’aurons plus assez de monde pour porter secours."

Selon le syndicaliste , il faudrait mieux réfléchir à investir les milliards. "On peut faire autre chose avec cet argent que de commander des chasseurs F35. C’est prestigieux sur le plan international mais ces appareils servent au combat aérien. La Belgique n’en livrera jamais plus. C’est comme installer de coûteux appareils d’alarme dans votre maison et de ne pas pouvoir payer les serrures."

Le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) admet que ses hommes accomplissent une lourde tâche. "Mais il n’y a pas d’autre choix. Ce niveau d’alerte se base sur nos services de renseignement", explique son porte-parole. "Et avec notre présence à l’extérieur, nous augmentons la sécurité intérieure. Malgré la situation budgétaire, nous avons un besoin urgent de rénover notre équipement. Parce que sans arme, un soldat ne peut pas faire grand-chose non plus."